QUE DOIS-JE FAIRE ?

26 juin 2017 § Poster un commentaire

  • Tu n’as ni à te taire, ni à prouver.
  • Que dois-je faire alors ?
  • Être sincère et n’avoir peur de rien.

matin lascif

26 juin 2017 § Poster un commentaire

N’aie pas peur du matin lascif

il te mène au crépuscule

où tu retrouves ta solitude.

Et tu te plais, avec elle…

Comme si l’apparent monde endormi

t’ouvrait un espace, un temps.

Un temps sans limite sauf celle,

du lendemain,

qui est encore loin.

 

filetoile

6 juin 2017 § Poster un commentaire

File là, elle file

suis l’araignée

suis le fil

livre là la ligne

la ligne et la toile

ça file en étoile

lâche là la tuile

Sois l’araignée

qui file

sois le fil

sois là

Règne là fragile

ait foi

nul effroi qui nuise

ni foi, ni loi, en fait

que toi

que toi qui suit le fil

elle file, file là

MAL À LA TERRE

9 mai 2017 § Poster un commentaire

Réalisation : Jean Clermont

Mon objet est la terre, parce que je pense à la terre et les larmes ne sont pas loin.

Des larmes de colère en pensant à cette terre, mon jouet mon unique jouet,

tout en rondeur, tout en mouvement, tout en surprise, tout en rebondissement,

tout en odeur, tout en soulèvement, tout en chaleur, tout en creux dans le temps,

tout en calcaire, tout en écume, tout en feuillage, tout en humus,

tout en orage, tout en tremblement, tout en typhon, tout en avalanche,

tout en plume, tout en poil, tout en peau, aucune n’est blanche,

tout en caresse, tout en saveur, tout en infini, tout en tout petit,

tout en larme, tout en tension, tout en bulles, pas plus d’un instant.

Un fini qui recommence et nous balance et nous balance…

Que je l’aime cette terre, mon jouet, mon unique jouet, cadeau de naissance

que je ne sais par quel bout prendre, puisque de bouts elle n’en a point,

ni de poignées, ni de serrures, ni d’angles, ni de coins!

Est-ce la terre dont je parle, est-ce la vie ?

Quelle différence? Aucune pour nous autres, terriens.

On m’a donné la terre, on m’a donné la vie,

on m’a repris la terre, on m’a repris la vie.

Qu’est ce la terre, qu’est ce la vie?

Comment le dire

puisque depuis ma naissance,

les grands de ce monde, les soi-disant grands de ce monde,

le monde d’en haut, le soi-disant monde d’en haut,

la traite la terre, la recouvre la vie, la traite la vie, la recouvre la terre,

d’insecticides, de raticides, de fongicides, et d’herbicides,

et d’homicides,

de bitume, de béton, de marbre, de sermons et de mort,

je ne la sens plus la terre, je ne la sens plus la vie.

J’arrose mon jardin de l’eau de la fontaine

et je pleure le matin d’une amère haine

de ne pouvoir lire le livre d’ « ll était une fois »

car chaque fois le monde d’en haut, le soi-disant monde d’en haut

dans ses machines de guerre, ferraille

et je n’entends plus les oiseaux…

Mais va-t-on finir d’en finir avec la transcendance ?

Va-t-on en découdre avec l’arbre qui serre notre pensée ?

Va-t-on cesser enfin de prendre la terre pour un emballage,

avec un haut avec un bas ?

La terre est ronde, la vie est ronde,  j’en réponds.

Elle ne ressemble pas à un papier qu’on plie dans l’urne transparente.

Que je l’aime cette terre, mon jouet mon unique jouet, cadeau de naissance

que je ne sais pas quel bout prendre, puisque de bouts, elle n’en a point.

Je tourne en rond, je le sais bien,

je dis des mots, je ne dis rien,

rien de concret, tout dans l’abstrait,

des concepts de vie, des concepts de terre,

que j’aimerais traduire en une petite graine

qui percerait  par les deux bouts, qui raconterait la vie,

qui nourrirait les gens et brûlerait l’argent.

En attendant, c’est la terre qu’on brûle,

d’écobuages en pots d’échappement,

d’égos tout âge, de reniements,

de routes larges qu’on élargit,

de lunettes noires pour cacher la vie,

de cadenas, de vidéos-surveillance, de cimetières de marbre, de performances.

Je n’en peux plus de cette terre que l’on arrache de son herbe!

Moi qui ne voulais que rire et aimer,

flâner et suer,

chanter et marcher,

dormir et m’éveiller,

rencontrer…

Travailler oui, bien sûr, faire ma part de travail sans problème!

Moi qui ne voulais que tout cela,

je pleure, j’en suis désolée.

Offrez moi un mouchoir,

je ne veux plus rien avaler.

(elle se mouche)

Mais je suis là, vous me redonnez le sourire,

la force de repartir,

la confiance dans un monde

qui ne se cache pas la face,

qui regarde en face,

qui ne se marche pas sur les pieds,

qui sème des graines d’humanité,

qui rigole par contagion.

Vous êtes bien de ceux-là n’est ce pas ?

Oui désolée, puisqu’une tribune m’est offerte,

puisque l’occasion m’est donnée de parler

d’un objet de rage,

j’ai choisi de parler de cette petite grande terre

dont l’air respirable par nous est un miracle,

dont nous même sommes un miracle:

il suffit de regarder les astres !

Un seul à notre connaissance a donné la vie.

Désolée, oui, désolée de crier

que j’ai mal à la terre,

que j’ai mal à la tête,

de réaliser que ce beau jouet offert à la naissance

m’est confisqué par une poignée de racailles,

qui se le mettent là où je pense

et se permettent de faire la leçon !

Mais quelle merde ce soi-disant monde d’en haut,

quelle merde polluée même pas bonne à composter!

Et si nous continuons de nous mettre à table

et d’attendre les plats d’un air dégoûté… Sommes nous dévitalisés ?

Je pourrais continuer de me mordre le cœur,

de me mordre les lèvres, de répandre des larmes

durant des lignes et des lignes,

sans jamais en tirer, une, vers un mouvement en équilibre.

Alors je cesse en allant mêler mes larmes

au cours d’eau qui coule à mes pieds,

je pisserai dedans,

je pleurerai dedans,

noble manière de me mêler à la mémoire du monde.

À la mémoire du monde…

 

perte des eaux

29 mars 2017 § Poster un commentaire

écrire, c’est peut-être accoucher

mais la perte des eaux, c’est autre chose

photo : spam

XII et XIII

29 mars 2017 § Poster un commentaire

Les XIIème et XIIIème siècles

C’est le temps des gratitudes

la sortie vers le haut

vers la lumière

avec la conscience du trop grand

dans la joie et dans la douleur

Joie d’une foi en l’homme offerte

véhiculée par la Chrétienté

Douleur de voir mise

la barre si haute !

Oubliée semble-t-il

la haine du puissant

de celui qui ordonne

et qui détient l’argent

Le monde roma(i)n n’existe plus

Plus d’ennemis plus de haines

Pourquoi alors avoir le châtre d’Abélard ?

Par qui alors ?

Qu’est-ce qu’est allé déranger le futur moine châtré ?

At-il dit d’en finir avec la gratitude

A-t-il voulu mettre le « peuple » à l’étude ?

A-t-il voulu lui offrir des outils

Pour qu’il accède à la grâce

lui aussi ?

A-t-il voulu délivrer la puissance

des coffre-forts des privilégiés ?

Tandis que les autres

étaient encore à creuser

la fuite par le bas ?

A-il voulu les sortir

de la boue de la rue

et tant pis de salir

les belles robes blanches ?

Créer des espaces

où les yeux dans les yeux

quelque soit le vêtement

on se regarde là

où on se ressemble.

photo : spam

l’homme a nommé

29 mars 2017 § Poster un commentaire

  • L’homme a nommé le lieu

  • Je ne retiens jamais le nom du lieu, ni… je ne le vois

  • Pour voir le lieu et nommer le lieu il me faut voir l’homme qui a nommé, dans le lieu qu’il a nommé.

  • L’homme serait comme un petit drapeau sur le camembert.

  • L’homme voyait ses grand-parents de sa maison quand il était petit. Il mettait la main en visière et il voyait dans le champ ses grand-parents travailler. Il faisait le lien avec le nom. Ses grand-parents étaient des petits drapeaux et les brebis étaient la prairie.

  • Si bien que lui, quand il regarde aux jumelles, il voit le champs et ses grands-parents dedans.

  • Ses grand-parents qui travaillent éternellement dans le champ. Ils délimitent l’espace, ainsi.

  • Un jour l’homme ne sera plus là pour regarder. Avec lui, partiront ses grand-parents.

  • Il me restera alors l’image de l’homme dans le champs que je saurai nommer, s’il veut bien y aller.