déchronologique tombe d’août # 17

5 avril 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : celle dont il est question ici vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village dont elle est tombée amoureuse s’appelle la tombe. ça plombe. celle dont il est question ici se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle ne cesse de fuir. est-elle libre ? sommes-nous libres ? sommes-nous assez de deux pour répondre à ses questions ?

plus de 15 jours que celle dont il est question ici ne m’a pas donné signe de vie ce qui me permet de continuer mon récit avec un début un milieu une fin pour éviter de tourner en rond à se poser des questions courbes, comme dirait miso-léo*. l’histoire : dynamo tombe amoureuse de lino, lino tombe amoureux de dynamo, sauf que dynamo est intello et lino, te souvient-il ? est chasseur. les dynamolino décident de s’installer dans un village nommé La Tombe, ça plombe. dynamo est sensible aux mots, elle eusse préféré une terre joyeusement nommée. mais les mots sont peu de choses face à la spéculation immobilière sur les terres agricoles, à la conception nationale du patrimoine familial, à l’anti-autochtonisme et au plis victimaire. la Tombe, petit village de montagne abandonné des hommes touristiques et des forces vives, offre cher quelques hectares de terres en friche, où nos tourtereaux installent leur caravane le temps de remettre en état la ferme. passons les premières années. imaginons que l’argent de côté, les amis, une belle complémentarité (lino s’occupe des bêtes, dynamo du fromage), l’intelligence et une acceptation des propriétés du lieu , feront de ces moments l’idylle de leur vie. si nous devions traiter les écueils, découragements, mauvais coups, etc, nous n’aurions plus assez d’espace-temps pour traiter notre sujet : la chasse. cependant, il serait inutile d’inventer une histoire si elle ne permettait pas des détours dans la forêt du surgissement. mais comment prendre le temps de se perdre sans risque de se retrouver seul avec sa solitude ?

* léo ferré que je trouve un brin méprisant et misogyne.

déchronologique tombe d’août # 16.0

3 avril 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : celle dont il est question ici vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village dont elle est tombée amoureuse s’appelle la tombe. ça plombe. celle dont il est question ici se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle ne cesse de fuir. est-elle libre ? sommes-nous libres ? sommes-nous assez de deux pour répondre à ses questions ?

15ième coche sur mon cahier. 15ième jours qu’elle (celle dont il est question ici) ne m’a pas appelée pour fixer un rendez-vous de chasse. soit elle est en peine d’amour, soit elle s’est fait tirer dessus, soit elle est perdue dans la forêt de ses questions en chien de fusil. il faut dire qu’elle refuse toute histoire, du genre, une narratrice (son alter ego) tombe amoureuse d’un homme au salon de l’agriculture, porte de versailles. il s’appelle francis, mais elle l’appelle lino car il a le corps de lino, le coeur de lino, la gueule de lino des grandes gueules (le film). un anagramme de lino est lion. francis a le rugissement feutré de lino. lino est sensible, politique, réfléchi, intelligent, passionné, nonobstant, lino est chasseur, comme son père l’est, son grand-père l’était, ainsi que son arrière grand-père dont le fusil de mains en mains maintient tendu le fil du passé au présent. un temps confisqué pendant la guerre, perdu lors de la restitution, retrouvé par hasard dans les mains d’un chasseur d’une société de chasse voisine, réintégré dans la famille après quelques actes de violence car pas de preuve à l’appui, le fusil est maintenant la propriété de lino et gare à celui qui voudrait caresser la crosse. la narratrice est surnommée dynamo par lino car elle aime le vélo et elle aime les mots. sa lumière est aussi faible et fébrile que celle du gros œil chromé fixé sur la roue avant des vieilles bicyclettes. elle requiert du mouvement, en continu. plus il fait nuit plus elle pédale, plus elle éclaire plus il fait nuit. dynamo pédale sans cesse dans une nuit ascendante. si elle quitte sa famille de chasseurs pour la famille de chasseurs de lino, elle sera dynamolino.

déchronologique tombe d’août # 14.0

1 avril 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : celle dont il est question ici vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village dont elle est tombée amoureuse s’appelle LA TOMBE. ça plombe. celle dont il est question ici se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle ne cesse de fuir. au cours de nos dernières rencontres, elle s’offre une parenthèse et parle de chien. nous en sommes au troisième et dernier temps d’une histoire qui cherche à atteindre son but.

« je me rappelle un gros chien

qui s’excitait sur une proie intrépide

que je pris de loin pour une taupe

jeu cruel dont je n’osais imaginer l’issue

je m’approchai

c’était une pierre

le chien l’animait entre ses pattes

la roulait de ci, la roulait de là

la pierre déboulait sous le museau du chien

semblait feinter de ci, semblait feinter de là

sacrée taupe, intrépide vraiment

OUAF !

le chien se fâche

de cette chose qui l’agresse

cette chose vivante entre ses pattes

prétentieuse qui refuse de se plier

OUAF OUAF !

il la shoote d’un jet péremptoire

frisson de mort sur l’herbe frêle

le chien regarde, en chien d’arrêt,

la pierre

redevenue inerte

le chien se rassérène

l’approche en maître

renifle l’adversité de pierre

pauvre taupe tu ne fais plus la fière

petit coup de patte

petit coup de museau

drible à droite drible à gauche

ça roule ça s’accélère

ça se tend ça s’énerve

OUAF ! Triple OUAF

de nouveau cette jubilation

ce sentiment de puissance réalisée

jusqu’à s’effrayer de ne plus rien reconnaître

ni de la taupe ni de la pierre

comme m’effraie le sentiment de perte

quand les mots inertes

se mettent à trembler

au frôlement de l’indicible

frontière mordante entre le mort et le vivant

où le sens mortel pris sur le vif

n’a pas le temps d’anéantir »

 

déchronologique tombe d’août # 13.0

1 avril 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : celle dont il est question ici vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village dont elle est tombée amoureuse s’appelle LA TOMBE. ça plombe. celle dont il est question ici se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle ne cesse de fuir. au cours de nos dernières rencontres, elle s’offre une parenthèse et parle de chien

TROIS, c’est une histoire d’inerte et d’animé, de vie et de mort, et de ce qu’il y a entre, la frontière, indissociable de l’adjectif labile. autrement dit, une frontière aussi insaisissable que la chaîne des pyrénées. le chien qui s’amuse à s’effrayer de la pierre inerte qu’il anime serait une parabole de l’effrayante tâche jubilatoire qui incombe aux êtres humains. le vivant ne serait que de l’inerte animé jusqu’à s’en effrayer, car qui a le pouvoir de donner vie à l’inerte si ce n’est le dieu ou les dieux. les dieux n’ont pas leur place sur terre, ils échouent toujours dans des lieux imaginaires. le privilège de l’être humain serait de rouler la pierre entre nos pattes, de la shooter au loin quand ça s’emmêle, de la remettre au centre et de recommencer. « tu comprends maintenant pourquoi le foot-ball est si populaire ? », conclut-elle.

déchronologique tombe d’août # 12.0

31 mars 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : celle dont il est question ici vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village dont elle est tombée amoureuse s’appelle LA TOMBE. ça plombe. celle dont il est question ici se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle ne cesse de fuir. au cours de nos dernières rencontres, elle s’offre une parenthèse pour parler de chiens car tous les chasseurs parlent d’un chien

elle me dit : « (l’histoire que je vais te raconter, c’est perdu d’avance. chaque fois que j’ai essayé, en prose, en vers, en chanson, à l’endroit à l’envers, rien à faire, ça devrait provoquer une jubilation effrayante, en fait ça fait tout sauf ça. sauf pour une personne une fois, un jour, un argentin dont les yeux ont brillé au delà de l’échec où je vais.

UN : ce n’est pas une histoire avec un début un milieu une fin, enfin c’est quand même en trois temps, mais c’est sans fin, et pourtant je me demande si le sujet, n’est pas la fin. bon. il y avait un chien. qui de loin, je le voyais, s’amusait à quelque chose avec quelque chose. avec quoi s’amusait-il je te le donne en mille ? et bien non, je ne le donne pas, car DEUX : je ne sais pas si je dois te dire ce que j’ai cru quand j’ai vu de loin, ou ce que j’ai découvert quand j’ai vue de près. l’histoire est simple mais la réalité est très très compliquée. il y a parfois des histoires très très compliquées pour dire des choses simples, et bien là, c’est le contraire. )»

vous me croyez ou vous ne me croyez pas, mais celle dont il est question ici a fermé la parenthèse comme indiqué ici.

POST-IT (que je me mets à moi-même sur mon frigo)

penser à relancer l’histoire

déchronologique tombe d’août # 9.1

26 mars 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : celle dont il est question ici vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village dont elle est tombée amoureuse s’appelle LA TOMBE. ça plombe. celle dont il est question ici se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle ne cesse de fuir. est-elle libre ? sommes-nous libres ?

elle me parle du chien parce que les chasseurs parlent souvent de leur chien. exemple : « autre chose aussi, il y a le tir comme je te disais, mais il y a aussi le fait de sortir le chien, mon chien. le fait de le voir travailler et de prendre du plaisir à chercher. et une fois l’animal trouvé, de faire arrêt dessus. je trouve cette image magnifique. je ne chasse pas pour tuer à tous les coups. si par exemple mon chien ne fait pas arrêt sur le faisan, alors qu’il devrait, mais qu’à la place, il se jette dessus car il n’a pas su tenir l’arrêt, au moment où le faisan décolle, je ne tire pas pour montrer à mon chien que ce qu’il a fait n’était pas bien. et c’est reparti, on continue notre balade. »*

il y a des couples qui fonctionnement bien : l’humain et la bicyclette en est un. l’humain et le chien en est un aussi. l’humain chasseur, l’humain pasteur, l’humain gentleman farmer… j’ai remarqué, dit-elle, qu’une femme avec son chien, son toutou petit chien, ça fait cruche. un homme avec son chien, ça fait noble, puissant, misanthrope un brun mais pas trop. il y a quelque chose de masculin dans le chien. les femmes c’est le chat et les chattes.

j’ai remarqué la présence quasi omni du chien dans les livres que j’ai lu. mon spectre de lecture va de houellebecq à marie-hélène lafon en passant par derrida. dans une potentielle vie, je me promènerais dans les vastes paysages infinis de la littérature pour stabiloter en jaune les passages de chien. encyclopédie des chiens écrits. ça m’occuperait un bon bout de temps. encore un truc qui servirait à rien.

– tu as un chien toi ? tu en as eu un ? tu as des histoires de chiens ? me demande-t-elle.

je partirais faire un tour du monde pour entendre les hommes parler des chiens, parce que les chiens, ce sont les hommes qui en parlent le mieux. ils ne leur manquent que la parole, aux chiens.

– faudrait-il donner la parole aux chiens ?

je reparlerai du chien parce que les chasseurs parlent souvent de leurs chiens, comme tous les autres hommes.

  • c’est une femme qui parle.

déchronologique tombe d’août # 11.0

26 mars 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : celle dont il est question ici vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village dont elle est tombée amoureuse s’appelle LA TOMBE. ça plombe. celle dont il est question ici se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle ne cesse de fuir. cette société (de chasseurs) empêcherait le contact avec…

POST-IT laissé sur mon frigo par celle dont il est question ici

stp, ne pas oublier de m’interroger sur :

– la troisième déchronologie sur le chien qui jouait avec un caillou que je pris de loin pour une taupe.

le choix de mon sujet : n’est-ce pas là ma condamnation ?

– comment j’en viens à conclure que je me regarde dans un trou noir ?

– comment la lecture de Jean-christophe Bailly est une joie pénible ?

– la perspective de quelques déchronologies sur le fusil, et une sur l’expression chien de fusil

NOTE

– la chasse est fermée depuis un mois

Où suis-je ?

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