ferme don ta goule !

22 mars 2018 § Poster un commentaire

Ohé ! Ferme don ta goule, disait, mon père,

quand je prenais des airs de guerre.

Et à l’époque, je dois vous dire,

que petite fille, je me terrais.

Je n’avais pas jactance facile
je n’étais pas plante volubile
ni griotte ni intello
je gardais langue sous la peau.

De la race des taiseux
placoter misé cordieux !
Nous commencions sans rien finir
manquant d’images pour bien nous dire,
manquant de soufflet et de vent
nous nous prenions les pieds dedans,
étouffions rage sous bonnet d’âne
Silence ! le vague à l’âme.

La langue, nous la mangions
cannibales nous devenions
de nos mains crasses de pecnauds
la mastiquions en tête de veau.
Ohé ferme ton bagou, gueulait mon père
d’un air bourru, rugueux comme terre
exclue d’office des lumières.

Pensées plantées dans les pâquerettes
et crucifiées sous talonnettes.
De la langue nous étions indignes
vilains canards au pays des signes,
les rimes de nos riches cœur
notre esprit gorgé de douleur
la colère qui se tramait en creux
fallait les taire chez les taiseux.

Ohé, susurrais-je à Mon oreille
n’écoute pas, suis ton conseil.
Tu es fille au pays du machisme
Tu es rustique dans un bain d’ismes
de ta voix provoque don un schisme.

Expulse le tonnerre qui fait bouillir ton sang
risque la phrase en verset truculent
lâche la garde sur ton timide accent
aime toi-même son odeur qui sent.
Ta langue de ferme, de fumier, de bétail
de sueur, de cidre et de paille
de feu et de lait qui s’émaille
d’éclats de bouse sur ton tricot de maille,
c’est avec ça que tu peux livrer bataille !

N’ai pas honte de ton bégaiement
tellement pareil à l’aboiement.
L’obstination épicrânienne
te donnera ta langue de chienne,
Cerbère et fidèle gardienne.

Nous sommes parties ma chienne et moi
elle ne mord pas, mais elle aboie.

Madame Q.A.M.S (qui aime me suive)
texte écrit dans le cadre de la manifestation
DIS-MOI DIX MOTS

au son des « violons »

13 mars 2018 § Poster un commentaire

Grands et petits Garçons, écoutez-moi, faites silence un moment, et ne prenez pas mal, que je vous en raconte une longue, moi aussi. C’est une histoire banale, d’avance je m’en excuse. Une histoire d’amour, une histoire d’amis. Une histoire d’âme d’aujourd’hui.

Il était une fois un homme, et une femme. Ils s’aimaient fort d’une amitié à nul autre pareil. Elle était petite il était grand. Il avait santé fragile, elle était résistante. Son corps était squelette, elle était vague dans ses vêtements, un peu pour garder ses courbes secrètes ; mais qu’importe le physique quand l’écume de la vie remplit la tête de gouttelettes de pensées.

Quand la bouche se gorge de mots bruts qu’on a plaisir à polir aux marées des affinités. Qu’importe quand on passe des lunes à s’écouter, chacun racontant ses petits trucs ou ses grandes croyances pour tenir le cap de l’humanité ; tout en se massant les pieds.

Il et elle, elle et lui, chahutaient le monde embarqués sur le bateau brun de la nuit. Elle et lui entrevoyaient dans l’atmosphère des ondes d’un genre nouveau, se chauffaient aux étincelles d’espoirs, ou aux flammes pragmatiques de l’âtre, avide de bûches d’acacia.

Ensemble ils se stimulaient. Ils se réconfortaient.

Ensemble, ils inventaient leur musique.

Lui préférait émettre que recevoir, c’est vrai, mais il tendait au moins une oreille. C’est avec celle-là qu’elle composait.

En tant que mâle, il avait des visées que la femelle n’avait point, c’est ce que l’on dit. Ils en jouaient de cette soi-disant différences entre les animaux mâles et les femmes civilisées, et jusqu’ici, tout allait bien. Jusqu’au soir où, le mâle, amorçant un massage de ses longs doigts habiles à provoquer des hum… de satisfaction, n’eut pas du tout la bite sage, non plus que les oreilles. Il feint de ne pas entendre que la femme, qu’il était entrain de faire sienne, malgré elle, à son corps défendant, contre son consentement, comment pourrait-on dire autrement «  « non Pierre… je ne veux pas ». » Il feint de ne pas entendre cette phrase à la forme négative dite avec délicatesse, sans crocs ni grognement, un petit caillou dans une chaussure, ou bien, était-ce un tremblement de force 7 ? Va savoir. Toujours est-il que l’histoire, vous pensez bien, ouvre sur un autre chapitre.

La femme l’avait amer. C’était son ami, certes, mais. Son nom était désormais apposé d’un éclair de rage. Ils se revirent comme si de rien n’était, ou presque. Elle n’était plus très à l’aise avec les étreintes qu’ils avaient coutume de s’offrir. Un soir, elle ravala son dépit quand il tendit les lèvres l’invitant à faire de même, pour une rencontre muqueuse à muqueuse, en un bisou de bisounours. Ce n’est tout de même pas un viol d’assigner une femme à un bisou de bisounours ! pensa-t-elle.

Elle se rappela une vieille qu’elle dut embrasser entre deux poils alors que son frère pouvait se contenter d’une poignée de main. Elle n’en était pas morte ! Elle se rappela d’autres épisodes peu ragoutant dont elle ne mourut pas non plus. Elle se rappela les femmes, dont une actrice célèbre et une féministe confirmée, qui mettaient en garde contre le risque de pudibonderie à la Molière, le retour de la censure et du vol de vautours au dessus de la vivante chair de l’élégance française. Face aux lèvres gonflées de l’homme, elle était perdue. Un bisou de bisounours reformula-t-elle, pour canaliser la pulsion à fleur de peau qui l’aurait menée à saisir le flacon d’eau de javel à défaut de bombe lacrymogène. Elle croyait encore en la langue sereine, entre êtres humains, qui s’écoutent et s’entendent. Elle était à l’affût du moment où elle pourrait verser des mots au dessus de l’abîme creusé au sein de leur paysage de confiance. Mes mots seront un pont de cordes suspendu entre nos deux rives, se disait-elle.

Un matin, la femme prit son courage à deux mains. Elle fut aidée par le seau de merde, qu’elle était entrain de vider dans le compost au coin du jardin quand l’homme vint inopinément lui rendre visite. « C’est le moment de foutre le nez dedans », lui dit le seau à l’anse métallique. Elle prit soin de se laver les mains, et de demander à l’homme s’il était disponible pour regarder un caca qui faisait mal au ventre. Il l’était. Elle ne comptait pas dire le gros mot, le mot qui tue, le mot dont les gentils garçons se défendent, le mot interdit, le mot qui tourne en ce moment au lieu social-dit la porcherie. Il ne faut pas exagérer, se disait-elle, il n’y a pas eu de violence. Il m’a violée tout en douceur. Je n’ai pas eu mal. Réservons le viol pour les scènes atroces, se disait-elle encore, convaincue comme beaucoup, que les oscars du viol reviennent aux images horriblement cinématographiques. C’est nier les dégâts collatéraux : la violence faite à sa parole. La violence faite à la valeur de sa parole. La violence faite à sa propre valeur.

La femme dit : «L’autre soir, tu m’as baisée, je ne voulais pas, je te l’ai dit, et tu l’as fait quand même, toute en douceur, mais je ne voulais pas ». Ses yeux verts légèrement maquillés indiquaient la direction de la cage d’escalier qui monte à la chambre. Elle semblait revivre la scène. Cette fois il ne fut pas sourd. Il regarda à son tour la cage d’escalier, qui s’éclaira d’un rayon de soleil passager. « Je ne me souviens plus » Quoiqu’il en soit, il n’avait plus rien tenté depuis, souligna-t-il. Il poussa le sot de merde de la pointe du pied. L’odeur l’incommodait. Et puis, continua-t-il, « tu as un problème avec ça, on en a déjà parlé ». Le « ça » restant assez énigmatique à vrai dire… Ce « ça » leur fût fatal. Pour la femme ce fût comme une âme incandescente coulée au creux de la blessure purulente. Ce qui eut pour conséquence qu’elle le sortit de son corps, le caca de mot. Court mais compact. « Ce qui s’est passé, ça s’appelle un viol ».

Troisième chapitre. L’homme se dressa comme s’il venait de réaliser qu’il était assis sur une fourmilière. Il pointa le doigt en criant « Quoi ! ». « Tu me traites de violeur !!!! ». « Personne jamais n’a osé me traiter de violeur ! ». « Dis le à tout le monde que je suis un violeur, dis-le, raconte ton bric à brac de mensonges car tu mens, ce ne sont que des merdes de mensonges! ». La réputation de l’homme prenait donc la tête, laissant en arrière le compagnonnage élaboré au cours de longues veillées brassées par l’amitié. Il ne pouvait entendre le mot diabolique et tabou. On peut comprendre. La femme avait eu le malheur de dire qu’il avait agi en toute douceur. Niant, souvenez-vous, la violence sous-jacente. Avait-elle un problème avec ça ? s’efforça-t-elle de se demander, avant de se souvenir qu’elle ne rechigna pas à écarter grand les cuisses quand elle y consentit. En réalité, elle était désolée de ne pas bander pour ce grand corps squelettique. Il massait si bien ! Elle pouvait imaginer le reste. Du reste, son carnet d’adresse d’hommes désirables, tout du moins désirés, n’était pas si rempli ! Mais la bandaison, maman, ça ne se commande pas… « Comment peut-on violer en douceur ? » repris l’homme de plus belle, postillonnant l’absurdité de l’accusation. Il n’avait pas tord. Un viol n’est jamais une douceur, même sans effusion de sang.

L’histoire se termine là. Ils sont morts l’un pour l’autre. Le jour même, la femme bouleversée, branla sa parole. Désormais j’aboierai i se dit-elle. Tant pis si ma langue de chienne est rugueuse, j’ai une chatte échaudée à défendre». À ce jour, l’histoire ne dit pas ce que l’homme tirera de l’histoire. Il a disparu. Alors, grands et petits garçons, si vous êtes toujours là, soyez remerciés. Vous comprenez, je crois, pourquoi l’histoire vous ai adressée. Non ? Parce que les femmes aujourd’hui font leur travail. Qu’il y ait des violences dans certains propos, qu’il y ait des mensonges, ouvrons les yeux, nous savons d’où ça vient. Prenons le risque. Mettons nous tous au travail. Non pas pour empêcher que nos muqueuses s’excitent, mais pour, ensemble, fondre le pus de cérumen qui macère dans les oreilles depuis trop longtemps.

Va vis deviens et renais

8 février 2018 § Poster un commentaire

Proposition d’écriture suggérée par l’activité cruciverbiste de René :

Écrire un texte avec les mots contenus dans la Grille 2 remplie au Kairn avec un petit verre de vin blanc sur glaçons :

Fille, fragmentation, grâce, légion, émancipée, émettre, dialecte, entier, ustensiles, inspiratrice, suscita, néerlandaise, héroïne, nature, etc, embarqué, gouttes, divise, serin, sait, desseins, ainsi soit-il, amen, amorce, osa, tomate, neuf, Europe, assaillant, aplatisseur, escalier, beurre.

pour René et qui veut

   Au col là-haut croassent les corbeaux,

+ à Arras plus bas s’entrelacent les badauds.

+ Fragmentation de précieuses rencontres.

+ Grâce de moments, ni pour ni contre.

+ Afflux de visites en légion débarquées

+ pour embarquer en tartine, le temps d’un quart ou d’un thé,

+ près d’assaillants récits d’héroïnes émancipées.

Merci, merci, à celle qui osa, merci merci etc

Miscellanées d’images de lignes et de colonnes,

+ meubles et mots carrés en étagères en escalier.

+ Rayons d’ustensiles, de canes déchaînées

+ servies sur subtile fondue de papier.

+ À la table des V.D, il y a les habitués

+ Va, vis deviens, et René.

Merci, merci, à celle qui osa, merci merci etc…

Bienvenu-e-s en ce lieu entier, né d’une grande inspiratrice,

+ fille d’un rêve granit, commis en terre korriganie,

+ le pays des cheveux au vent et des humeurs salines.

+ Amen ! Esprit breton qui suscita au K de Karine

+ le brillant dessein, de se l’offrir, de nous l’offrir.

Merci, merci, à celle qui osa, merci merci etc

La nature alentour est chambre magique,

+ gouttes de brumes, beurre de soleil atavique.

+ Chapeau blanc de neige posé en grand silence

+ sur la butte chaumée, que la marmotte encense.

+ Multitude de verts, de vers et de verres vivaces

+ nourris aux bulles ambrées de la bière loquace ;

+ Au bar de zinc, le soir, on s’engage et on s’en gave.

+ Ici s’amorce un lieu unique où se multiplient

+ les emprises, les surprises, et les prises.

Merci, merci, à celle qui osa, merci merci etc

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C’est à l’encaissement, seulement, que l’on divise.

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En guise d’addition, sans morale maligne,

pour caser cinq mots qui encore, rechignent,

je vous livre cette soudaine pensée :

«  Le prêtre sait émettre des jugements peureux

sachons pour notre part, émettre des jeux vœux.

Donnons aux rêves, réalité

qu’ils soient serins,

araignées, ou chimpanzés

qu’importe !

Rendons visible leur vif corps innervé.

Sachons partager les porteuses questions

Qui mènent, sûr, aux saines transgressions.

Laissons aux politiciens les fades tomates

en lieu de plainte, bâtissons des stylobates.

À l’heure d’un territoire Europe, aplatisseur de relief

concoctons de serpentins rhizomes soubassement d’une Nef. 

Ainsi soit-il….»

Pourboire : une néerlandaise :

langue fabriquée de sonnants dialectes

qui illustre à merveille ce pot de rimes peu sélectes.

Par ailleurs, néerlandaise, contient landaise.

Peut-être le nom tout neuf d’une prochaine tartine

Balaise !

https://www.lekairn.fr/

allant vers à l’envers

31 janvier 2018 § Poster un commentaire

Avec celle là, je serai toujours là, le matin, pour lui mettre la chaleur de ma main au cul, avant qu’elle y passe. C’est ce que je me disais. Elle rumine dans la noirceur, au service wagon nuit de la nouvelle compagnie, sous la lumière électrique du train qui abat les barrières, et remplit les oreilles d’alarmes. Elle enchaîne les va et vient entre ici là-bas ici. Depuis le temps, elle en a traversé des villes et des champs dans la nuit. Elle en a bipé des puces, elle en a calmé des énervés du voyage qui voudraient être arrivés avant d’être partis. Elle en a le jarret qui tremble quand elle pose pied à terre, ça se voit ces choses là, ça se cache pas sous la robe.

Chaque jour chaque nuit, elle rentre à l’aube. La litière est chaude par mon poil, par mes humeurs, par mon flanc gauche, – je couche sur le côté, pas besoin de me tourner quand elle débarque. Elle colle son museau à mes mamelles comme prête à téter. C’est le monde inversé. Heureusement, j’ai la main et l’esprit large. Ma Blonde d’Aquitaine, c’est la croupe qu’elle a large, mais le chignon étroit. Elle n’est pas bête, mais faut dire qu’elle a été engraissée à de la bouillie de tourteau, elle triture sa colère sans avoir la musculature pour l’encorner, comme moi je fais. Sans doute que je voulais pas d’un petit animal rusé ou pire, d’une chienne, d’une louve, qui défend son bout de gras avec ses crocs. Ma blonde, c’est un bon choix. Elle est docile, elle a un bon appétit sans exigence, une belle carcasse sans excès de gras, tendre et goutue, je vous raconte pas, et elle a un petit caractère quand même. Ça fait son charme.

Je veille sur elle. C’est dessiné dans le creux de mon poitrail, là, quand elle s’y endort abattue par la nuit. C’est là que je suis grand seigneur. Je ne la monte pas tout de suite. On s’est pas accouplé depuis la veille, mais c’est pas une raison. Avant, elle n’en pouvait tellement plus, qu’elle me donnait des coups de tête quand je commençais à la caresser. Plus maintenant, on s’est apprivoisé. Elle est aux aguets, elle attend mes caresses. Ça lui fait du bien. Mes petites tapes sur le cul, mes doigts dans sa bouche qu’elle tête pour de bon… hum… elle sait y faire la gamine. Mon machin prend la bonne consistance en deux coups de langue. On est prêt pour la saillie et pour les cris qu’on a à peine commencé. Parfois, j’ai essayé de rester dedans- j’ai un bon coup de rein, pour que ça nous dure plus longtemps ; mais j’ai du flair pour sentir quand ça va pas à côté. Ma blonde, elle n’aimait pas. J’écourtais, c’est pas si grave. On s’arrangeait bien tous les deux.

Mais ce matin, mes poils frissonnent à l’air libre, sans la bave qui coule du coin de ses lèvres. Et je comprends pas pourquoi c’est vide, là, au creux de mon poitrail. Enculée de ta race ! Ma langue saigne. Tu veux que je te dise ma bovine, ton coup de tête d’hier au menton, il me reste en travers de la mâchoire.

retirez-vous

19 janvier 2018 § Poster un commentaire

Vous aimez les clochards

ne les nourrissez pas

ne les abreuvez pas

ne leur parlez pas

ne les regardez pas

ne leur jetez surtout pas les miettes de votre humanité

vous aimez les clochards

ne les épargnez pas

frappez les s’ils pissent, s’ils chient, s’ils se masturbent à vue

chassez les s’ils bivouaquent dans la rue

brulez les quand ils dorment dans leur jus.

vous aimez les clochards

ne faites pas semblant

et soyez cohérents

vous fabriquez une société

qui en fabrique à la chaine

plus ou moins amochés

sur le trottoir ils se trainent

ce sont les ratés, ce sont les curseurs

du niveau de votre cruauté

si vous aimez l’être humain

allez au bout de votre geste

ou bien…

condamnez moi à l’atermoiement perpétuel

pauvrette

19 janvier 2018 § Poster un commentaire

Pauvrette, tu veux changer l’arme d’épaule, mais tu ignores que tu n’en as pas

Tu as quitté, fleur aux fusils, ton nid de guerre, mais tu ignores que tu n ‘en as pas

Ni fleurs, ni armes, ni guerre, tu es tombée sans aile, et tu ne le sais pas

Ton inconscience est un peu ta force, sinon, tu ne marcherais pas

vers un monde dont tu soupçonnes qu’il peut être différent de celui qui t’oblige

Tu aperçus dans les livres la matière modèle d’une pensée

sans réussir pleinement à en jouer, comme s’il t’était interdit de te l’approprier

Le chemin est plein de ronces qui te griffent, ta peau se perle de sang

le collier, tu crains de l’exhiber, caché sous l’épaisseur de la laine

tu le secrètes comme un pus honteux, mais tu ne le sais pas.

Le corbeau noir de ta mémoire refuse te te confier ton passé

il te protège mais te prive de ce de quoi tu es constituée

tu as quitté un monde de renoncement, aux fenêtres de bois gonflées de larmes

tu aimerais t’asseoir sur le bancs aux éclats de lumière, tu aimes ce qui brille

sous l’or et l’argent

alors tu ne comprends pas :

comment se fait-ce que tes pieds reposent sur la nacelle d’une montgolfière

dont la corde traîne sur un sol sans attache ?

tu t’évapores au dessus des cimes

et tu prends froid.

L’eau est ta ressource, tu tâches de t’y mêler, en te remplissant du flux

qui va de la montagne à l’océan. Il porte en lui une autre mémoire

il vient, il va, il se souvient, il devient, il efface

ton corps d’eau aime à s’unir à ce qui ne n’arrête pas.

Tu regardes la chienne Soumise qui souvent t’accompagne au bain

drôle de nom pour une chienne, drôle de nom pour les humains

mais ici on l’aime pour la douceur du son de son nom

qui déclenche caresses de la bête, blottie à hauteur de genou,

et qui ne l’empêche pas d’aboyer quand il y a danger.

Soumise éclabousse ta peau chair de poule

tu cries pour te réchauffer tandis qu’elle geint à côté.

Pauvre chienne elle essaie de sa langue musclée de retenir

sous la petite cascade grande comme deux mains

ce qui ne cesse et ne cessera jamais du temps de son temps

mais elle ne le sait pas.

Ta tête est comme cette chienne.

Elle cherche à en finir avec le courant vivifiant d’une rivière, qui pourtant te mènerait à l’océan

mais tu sais à peine nager, tu as mis du temps à l’accepter

Combien de tasses encore à avaler avant de te noyer, ou bien

avant de prendre la main amie qui, de son corps ancré sur la terre, te guidera

vers un imaginaire dont le partage te donnera une prise.

Arbéost

23 décembre 2017 § Poster un commentaire

ARBEOST, un village paumé ?

Il y a 5 ans, je ne connaissais pas Arbéost, village des Hautes-Pyrénées dont on peut traverser le bourg sans s’en apercevoir. Neuf kilomètres plus haut, le Col du Soulor (1400 mètres). En descendant, Ferrières, Arthez-d’asson, Asson, Nay, Pau, Bordeaux, Paris, car on le sait, tous les chemins passent par Paris ! La vallée où crèche Arbéost en est une courte et étroite qui porte le nom du ruisseau qui la creuse : l’Ouzoum. La vallée de l’Ouzoum est une sorte de virgule ou d’appendice au Val d’Azun qui bute au nord sur le bassin de Lourdes. En tant que Bretonne, Lourdes, je connaissais. La génération de mes parents y allait en pèlerinage pour leur 20 ans, mais le village perché à 750 mètres d’altitude, à une heure de là en voiture, habité d’une centaine d’âmes, je n’en avais jamais entendu parlé. Comment aurais-je pu? Arbéost n’est pas présent sur toutes les cartes, pas de station de ski, pas de thermes, pas de pétrole, pas de festival, pas de ferme de 1000 vaches, pas de casino, pas de bêtises comme à Cambrai, pas de réfugiés comme à Calais… pas de boulangerie, plus d’école, plus de café, une mairie, une route départementale, des gens, des maisons, des bêtes, de la terre en pente, en friche, en prairie, en plantes aromatiques, en forêts de frênes, hêtres, noisetiers, l’Ouzoum et ses petits affluents, une église, un cimetière, des vivants, du vivant, du relief. Mais aux yeux du monde, Arbéost existe moins par ce dont il dispose que par ce qu’il n’a pas. Arbéost est un village pastoral de montagne peut être comme beaucoup d’autres. Peut-être un peu différent. Il est né d’un acte de transgression, quand au XVIIIième siècle, les cadets du village d’Arrens-Marsous, de l’autre côté du Col du Soulor, se sont autorisés à défier la loi des aînés. Ils et elles sont parvenus à faire du lieu d’Estive qu’était Arbéost, leur paroisse, non sans quelques résistances évidemment.

Il s’avère qu’Arbéost s’est trouvé sur mon chemin et ce n’est pas rien ! Ça m’intrigue et ça intrigue mes proches. Qu’est ce qui peut bien retenir une bretonne des terres, dans un pli des Pyrénées, après vingt ans de bouillonnement parisien ? C’est en croisant les regards portés sur Arbéost par les visiteurs que j’affine le mien. D’après Gilles, un ami breton, Arbéost voudrait dire tombe d’août, ou bien moisson d’août (en breton). Pour sa part, il estime que tombe d’août va comme un gant à ce village « un peu mort » où il s’ennuierait à coup sûr, même en plein été. Même à la Toussaint où le cimetière revêt des couleurs de jours de fête, de retrouvailles et de bougies éternelles. Gilles cependant s’en prend plein la vue, plein la vie. Le Gabizos notre midi se dresse avec détermination comme un poing au doigt levé. Et les flancs feuillus de la vallée pentue, armés de leurs barrières rocheuses, attirent autant qu’elles effraient. Faut pas faire le malin, dit Gilles. Respect ! Paysan lui-même en Bretagne, il loue les champs en pentes qui préservent de l’industrialisation de l’agriculture. Les « exploitations » n’en sont pas vraiment, elles comptent entre 6 et 10 ha, et les paysans ne sèment pas de maïs. En réalité, il ne sèment pas. Foin et regain uniquement. Gilles goûte aussi les sonorités de l’occitan dont il est agréablement surpris de constater qu’il se parle encore entre parents et enfants. Il mesure l’importance de la proximité du Parc National des Pyrénées, aux chartes duquel Arbéost adhère. Il aime la sensation de refuge, voire de semi-clandestinité, que l’environnement procure, mais quand même, il y mourait, autrement dit, ce n’est pas là qu’il viendrait mourir. Moi non plus. Je ne suis pas venue à Arbéost pour mourir mais pour vivre.

photo : camille atallah

Clara, de passage elle aussi, me dit : « Il n’ y a rien ici ! » Elle, elle vient pour profiter du vert, pour dormir, pour reprendre du poil de la bête, pour lire, pour avancer au calme sur le montage d’un film. Je pourrais nuancer l’affirmation de Clara comme le fait Judith, qui a vécu par intermittence à Arbéost en 2016-2017, dans le cadre d’un stage chez une famille de producteurs de plantes aromatiques : « Il n’y a pas rien ici, mais il n’y a pas grand chose ». Je choisis plutôt de questionner le référent. Si celui-ci est la ville avec ses cinémas, ses théâtres, ses salles de concert, ses restaurants, ses commerces, ses transports, ses zones commerciales, etc, il n’y a pas grand chose, effectivement, à Arbéost. Mais si l’on prend deux secondes le référent là où on ne l’attend pas, c’est à dire du côté du petit village pastoral de montagne, dans ce cas, il n’y a pas grand chose à la ville en matière de ressources naturelles, comparé à Arbéost. Et je ne vois pas d’évidence à ce que le référent soit ce qui vient de la ville.

Gustave de passage lui aussi, me dit : c’est paumé ici. Il n’est pas le premier à utiliser cet adjectif. Lui, il vient pour observer et compter les oiseaux, car le Col du Soulor, à 9 kms, est un potentiel énorme pour la migration des oiseaux comme le dit Margaux la coordonatrice du suivi au sein de l’association Col libre. Au total, cet été 2017, plus de 50 000 rapaces ont été comptabilisés en migration avec 46 000 Milans noirs et plus de 21 espèces d’oiseaux migrateur. C’est « paumé », ici, donc, dit Gustave. Longtemps ce mot m’a crispée, plus que les autres, jusqu’à ce que je prenne le temps de creuser ce qu’il sous-entendait. Paumé veut dire perdu. Comment, pour qui, pour quoi Arbéost est-il perdu ? Être perdu veut dire ne pas savoir où l’on est, ne plus savoir où aller. En ce sens, Gustave parle-t-il d’Arbéost ou de lui, qui s’est perdu, qui s’est paumé, plusieurs fois avant de garer sa voiture sur la place de l’église ? Sont-ce les habitants d’Arbéost qui sont perdus ? Qui ne savent plus où ils sont, qui ne savent plus où aller ? Nous ne le sommes pas plus pas moins que le reste de l’humanité me semble-t-il. Est-ce la terre d’Arbéost qui est perdue, perdue pour qui perdue pour quoi… perdue pour l’humanité ? Je le crains, je le crois parfois.

Ma croyance est basée sur le constat que des lieux préservés de l’industrialisation, du productivisme, de la « façonde » urbaine, deviennent de plus en plus rares. L’été 2012, je suis partie de Bretagne en fourgonnette, avec pour destination les Hautes-Pyrénées. Je voulais jouer au jeu du voyage lent. Pas d’autoroutes, pas de nationales, uniquement des départementales et des chemins communaux. Ma voiture n’étant pas un 4×4, j’ai évité les pistes. Il n’est pas si facile d’éviter l’autoroute, car on tombe toujours dans le panneau (de l’autoroute). Par ailleurs, je n’ai pas risqué de comptabiliser le nombre de km2 pris sur des surfaces agricoles, tant pour construire des routes que pour fermer à clé les champs. Si je refaisais la route aujourd’hui, je ne retrouverais pas une bonne partie des paysages que j’ai traversés. J’ai la croyance qu’un jour, peut-être pas si lointain, des lieux comme Arbéost où il est impensable d’imaginer une autoroute, même pas une 4 voies, même pas une 2 voies, vont manquer. Le manque en sera ressenti par celles et ceux qui auront connu ce genre de lieu. Puis, pour la génération d’après, Arbéost ne manquera plus. On ne saura pas qu’un tel lieu a pu exister un jour. Arbéost sera perdu pour l’humanité. Est-ce par amour du défi que je me suis installée à Arbéost ? Pour rendre palpables les menaces ?

Nous, habitantes et habitants d’Arbéost ne sommes pas dupes, je crois, des phénomènes qui menacent notre lieu. Les manifestations sont aussi visibles que les vautours dans le ciel. Commençons par la forêt en marche, oui la forêt se déplace. Année après année, elle s’approche. Quand Jean-Marie, du quartier Beziou, nomme le paysage en face de chez lui, il cite une liste de noms qui correspondent à autant de parcelles, où paissaient les troupeaux de ses parents. Ils les voient ces parcelles, ça se voit. Moi je vois une surface uniforme, sans nom. Nous ne voyons pas le même paysage. Nous ne voyons jamais le même paysage. L’espace que nous voyons est lié au temps que nous lui accordons.

La menace vient aussi de l’absence de transmission. Les paysannes et les paysans, ne transmettent plus leur savoir-faire à leurs enfants. Ils leur parlent beaucoup, beaucoup trop selon certains enfants, du temps où ils vivaient de peu mais ils vivaient heureux, quand les normes européennes n’entravaient pas leurs libertés de penser et d’agir, quand la solidarité entre eux donnait la force et le réconfort de partager des soirées, avec les flammes comme image et la langue pour voyage. Pour Françoise, du quartier Lacouste, il est évident que la télévision perchée dans un angle de la salle à manger est responsable du chacun pour soi et de la jalousie. Elle lui tourne le dos, mais la télévision cause toujours.

La menace vient du système capitaliste dit « performant » qui ne s’arrête pas, respectueusement, à l’orée des montagnes. Et plus localement, elle vient du nombre d’élèves dans l’école primaire de Ferrières, le village à 4 kms, où sont scolarisés les quelques jeunes enfants d’Arbéost. Tous les ans ou presque, l’inspection y fourre son nez et estime que le trop peu d’enfants (7 ou 8) est nuisible à la qualité de l’enseignement, que les enfants n’ont aucune chance d’être préparés à l’université (!) et que cette école n’a pas lieu d’être, pendant qu’à Paris on autorise des classes de 35 élèves, pédagogiquement ingérables, mais économiquement plus rentables. Pas d’école à Ferrières, pas d’enfants à Arbéost.

La menace vient de la dépossession des prises de décision, qui « remonte » à l’échelle communautés de commune dans le meilleurs des cas. Les décisions sont prises en plaine, donc à côté et plus bas que la problématique du village de montagne. Et maintenant, avec l’Occitanie, Arbéost risque-t-il de se rabougrir ?

La menace vient de l’absence d’un lieu commun où notre micro-société puisse se rencontrer et rencontrer l’ailleurs. D’où le projet de l’association D’oun bienes-Oun Bas ? Par laquelle je suis arrivée à Arbéost : rendre fonctionnel le bar de la place du village, dont les premiers verres ont été servis avant la seconde guerre mondiale. Tenu par Pauline de 1940 à 1980, il est repris par Paulette et Jeannot, jusqu’au début du XXIème siècle. Le café approvisionne en pain, presse et tabac et crée des conditions d’échange transgénérationnel, auquel le secteur socio-culturel de notre époque aspire tant. Aujourd’hui, un panneau à vendre est accroché à la porte de bois, et la plaque métallique blanche et rouge, licence 4, clouée sur la façade de pierre, est rouillée et obsolète.

Le mot « paumé » me dresse les poils car il est plus grave qu’il n’y paraît. Nous pouvons déjà dire que l’Arbéost des paysans actuels, proches de la retraite, celui de leur patois, de l’étable odeur fumier éclairée à l’ampoule électrique, celui des queues de vache soulevées comme la jupe de Maryline, mais pas pour les mêmes raisons, celui des tenues du dimanche, l’Arbéost de leur « style » va disparaître, quoiqu’il arrive. Souvent je me demande : comment le vivent-ils à l’intérieur ? À tort peut-être, je vois dans l’écobuage, ou plus exactement dans les feux pastoraux, qui n’ont plus grand chose à voir avec l’écobuage pratiqué par les générations d’avant, une manifestation de la peur, de la haine, de la colère, que peut créer la perspective de la disparition. Officiellement, la pratique de l’écobuage a pour objectif d’entretenir les pâturages les plus en pente qui ne sont pas accessibles aux machines agricoles et ainsi maintenir un couvert herbacé de qualité. Elle est réglementée. Elle pourrait se faire en toute transparence. Et pourtant… il y a des écobuages sauvages, mal maîtrisés, qui créent des surfaces de terre carbonisée, couleur de deuil, sans vie, pour un temps du moins. Comme s’il y avait, dans le geste de cramer, la volonté manifestée de s’approprier par le feu, la fin d’un monde. Est-ce la politique de la terre brûlée ? Le feu est un acteur puissant. Il est aussi image et symbole. En face des écobueurs (écobueuses je ne crois pas!), les paroles agressives de celles et ceux qui commencent (les néos), et de celles et ceux qui viennent respirer, mordre, embrasser, suer la vallée le temps d’une randonnée ou d’une virée à vélo. L’écobuage est un des points de cristallisation de la hargne, voire du mépris, entre des communautés aux parcours de vie, passé, présent, futur, incomparables. Et le chemin de l’écoute au delà du jugement n’est pas balisé. Il est plein de ronces…

Aux gens de visite, amis, familles, stagiaires, je dis sous forme de demi-boutade quand je les entends envier ma vie à Arbéost (oui, Arbéost crée aussi de l’envie, Mado en visite ne cessait de répéter avec la même stupéfaction pendant une semaine : et il y en a qui vivent là toute l’année !?), à ces visiteurs je dis : venez habiter ici ! Nous avons besoin de forces vives, de réhabilitation de métiers, de portes et de volets ouverts toute l’année, d’un souffle d’ailleurs, de café à toute heure, de coups de faucille. Venez comme moi contribuer à inverser la tendance démographique qui chutait méchamment vers le bas depuis 1880. Avec mon arrivée en 2013, j’en ai vu deux autres : Arrivée numéro 3 : Franck, installé en tant que chevrier au quartier Lacouste. Ses chèvres prennent la relève de celles de Pierre Cazette, qui se promenaient souvent dans le village. Il a vendu ses premières tomes de chèvres cet été, notamment lors d’un tout petit petit marché programmé les vendredis soirs sur la place du village par Julia et Matthieu et leurs enfants, arrivée numéro 2. Eux, ils ont transformé une terre en friche, quartier du Bourrinquets, en un champ en terrasse, gorgé de plantes aromatiques, que l’on ne manque pas de remarquer en descendant à l’Ouzoum ; et arrivée numéro 1, moi-même, le bourg. Mon mode d’action passe par l’écrit. L’écriture peut permettre à chacun de faire naître le monde imaginaire dont il a besoin pour vivre. Une fois nommé, ce monde contamine le quotidien qui en perd son latin.

Des nouvelles têtes, de nouveaux bras, de nouvelles énergies, ça fait et ferait toujours du bien. Mais au fond, l’augmentation de la population ne permettrait pas forcément de trouver le point commun de nos Arbéost. Le plus petit commun multiple. Pourtant, n’avons-nous pas l’avantage de la petite échelle ? Ici, 1% n’est pas un chiffre mais une personne. Pour moi, c’est une bonne raison de tenter le coup à Arbéost. Tenter de devenir actrice d’un processus qui nous mèneraient, habitants d’Arbéost, à com-prendre (prendre avec soi) l’Arbéost de chacun, celui vécu, celui imaginé, pour nous diriger ensemble vers un Arbéost commun. Aussi, nous saurions mieux formuler nos demandes aux instances qui décident de notre sort. Nous saurions mieux où et comment transgresser les lois du système dominant. C’est un défi qu’Arbéost me donne la force d’envisager. Dans les moments de doutes, je marche dans la mer de bois verts moussus, et je respire. Je m’immerge dans les eaux de l’Ouzoum et je crie. Entre le risque de me tromper, et celui de ne rien tenter, j’ai choisi.

Vous l’avez compris, je suis une « pièce rapportée » à Arbéost. Je le regarde de mes yeux de Bretonne du rural agro-alimentaire, d’intello parisienne, d’être humain curieux et inquiet et à l’affût du vivant. L’Arbéost que je vous donne à voir est celui que je perçois et celui dont je rêve. Un parmi d’autres. J’ai espéré, inconsciemment, il y a cinq ans, trouver en Arbéost, un refuge préservé des bruits du monde majoritaire dont les ressorts dits performants broient le vivant, mais Arbéost m’a secouée et signifiée qu’il ne me laisserait pas en paix. ici comme ailleurs, nous ne sommes pas à l’abri. Nous subissons le réchauffement climatique, nous subissons les choix politiques en décalage avec la réalité locale, nous subissons l’influence de la télévision, nous subissons la société capitaliste, la dévitalisation et la domination masculine… Il y a de quoi faire à Arbéost comme ailleurs ! Pas lieu de s’ennuyer. Précisément parce qu’Arbéost a quelque chose de paumé.

(texte à paraître dans une revue prochaînement)

Manoell Bouillet, une habitante d’Arbéost

Quelques liens :

Un poème sur Arbéost :

https://stylobate.org/2017/07/08/comment-ca-va-avec-arbeost/

Un exemple d’un événement réalisé à Arbéost en 2015 :

https://stylobate.org/cartes-de-voeux-et-doleances/

L’Association Passages d’écriture dans laquelle je travaille

http://passages-ecriture.fr/

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