allant vers à l’envers

31 janvier 2018 § Poster un commentaire

Avec celle là, je serai toujours là, le matin, pour lui mettre la chaleur de ma main au cul, avant qu’elle y passe. C’est ce que je me disais. Elle rumine dans la noirceur, au service wagon nuit de la nouvelle compagnie, sous la lumière électrique du train qui abat les barrières, et remplit les oreilles d’alarmes. Elle enchaîne les va et vient entre ici là-bas ici. Depuis le temps, elle en a traversé des villes et des champs dans la nuit. Elle en a bipé des puces, elle en a calmé des énervés du voyage qui voudraient être arrivés avant d’être partis. Elle en a le jarret qui tremble quand elle pose pied à terre, ça se voit ces choses là, ça se cache pas sous la robe.

Chaque jour chaque nuit, elle rentre à l’aube. La litière est chaude par mon poil, par mes humeurs, par mon flanc gauche, – je couche sur le côté, pas besoin de me tourner quand elle débarque. Elle colle son museau à mes mamelles comme prête à téter. C’est le monde inversé. Heureusement, j’ai la main et l’esprit large. Ma Blonde d’Aquitaine, c’est la croupe qu’elle a large, mais le chignon étroit. Elle n’est pas bête, mais faut dire qu’elle a été engraissée à de la bouillie de tourteau, elle triture sa colère sans avoir la musculature pour l’encorner, comme moi je fais. Sans doute que je voulais pas d’un petit animal rusé ou pire, d’une chienne, d’une louve, qui défend son bout de gras avec ses crocs. Ma blonde, c’est un bon choix. Elle est docile, elle a un bon appétit sans exigence, une belle carcasse sans excès de gras, tendre et goutue, je vous raconte pas, et elle a un petit caractère quand même. Ça fait son charme.

Je veille sur elle. C’est dessiné dans le creux de mon poitrail, là, quand elle s’y endort abattue par la nuit. C’est là que je suis grand seigneur. Je ne la monte pas tout de suite. On s’est pas accouplé depuis la veille, mais c’est pas une raison. Avant, elle n’en pouvait tellement plus, qu’elle me donnait des coups de tête quand je commençais à la caresser. Plus maintenant, on s’est apprivoisé. Elle est aux aguets, elle attend mes caresses. Ça lui fait du bien. Mes petites tapes sur le cul, mes doigts dans sa bouche qu’elle tête pour de bon… hum… elle sait y faire la gamine. Mon machin prend la bonne consistance en deux coups de langue. On est prêt pour la saillie et pour les cris qu’on a à peine commencé. Parfois, j’ai essayé de rester dedans- j’ai un bon coup de rein, pour que ça nous dure plus longtemps ; mais j’ai du flair pour sentir quand ça va pas à côté. Ma blonde, elle n’aimait pas. J’écourtais, c’est pas si grave. On s’arrangeait bien tous les deux.

Mais ce matin, mes poils frissonnent à l’air libre, sans la bave qui coule du coin de ses lèvres. Et je comprends pas pourquoi c’est vide, là, au creux de mon poitrail. Enculée de ta race ! Ma langue saigne. Tu veux que je te dise ma bovine, ton coup de tête d’hier au menton, il me reste en travers de la mâchoire.

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