pauvrette

19 janvier 2018 § Poster un commentaire

Pauvrette, tu veux changer l’arme d’épaule, mais tu ignores que tu n’en as pas

Tu as quitté, fleur aux fusils, ton nid de guerre, mais tu ignores que tu n ‘en as pas

Ni fleurs, ni armes, ni guerre, tu es tombée sans aile, et tu ne le sais pas

Ton inconscience est un peu ta force, sinon, tu ne marcherais pas

vers un monde dont tu soupçonnes qu’il peut être différent de celui qui t’oblige

Tu aperçus dans les livres la matière modèle d’une pensée

sans réussir pleinement à en jouer, comme s’il t’était interdit de te l’approprier

Le chemin est plein de ronces qui te griffent, ta peau se perle de sang

le collier, tu crains de l’exhiber, caché sous l’épaisseur de la laine

tu le secrètes comme un pus honteux, mais tu ne le sais pas.

Le corbeau noir de ta mémoire refuse te te confier ton passé

il te protège mais te prive de ce de quoi tu es constituée

tu as quitté un monde de renoncement, aux fenêtres de bois gonflées de larmes

tu aimerais t’asseoir sur le bancs aux éclats de lumière, tu aimes ce qui brille

sous l’or et l’argent

alors tu ne comprends pas :

comment se fait-ce que tes pieds reposent sur la nacelle d’une montgolfière

dont la corde traîne sur un sol sans attache ?

tu t’évapores au dessus des cimes

et tu prends froid.

L’eau est ta ressource, tu tâches de t’y mêler, en te remplissant du flux

qui va de la montagne à l’océan. Il porte en lui une autre mémoire

il vient, il va, il se souvient, il devient, il efface

ton corps d’eau aime à s’unir à ce qui ne n’arrête pas.

Tu regardes la chienne Soumise qui souvent t’accompagne au bain

drôle de nom pour une chienne, drôle de nom pour les humains

mais ici on l’aime pour la douceur du son de son nom

qui déclenche caresses de la bête, blottie à hauteur de genou,

et qui ne l’empêche pas d’aboyer quand il y a danger.

Soumise éclabousse ta peau chair de poule

tu cries pour te réchauffer tandis qu’elle geint à côté.

Pauvre chienne elle essaie de sa langue musclée de retenir

sous la petite cascade grande comme deux mains

ce qui ne cesse et ne cessera jamais du temps de son temps

mais elle ne le sait pas.

Ta tête est comme cette chienne.

Elle cherche à en finir avec le courant vivifiant d’une rivière, qui pourtant te mènerait à l’océan

mais tu sais à peine nager, tu as mis du temps à l’accepter

Combien de tasses encore à avaler avant de te noyer, ou bien

avant de prendre la main amie qui, de son corps ancré sur la terre, te guidera

vers un imaginaire dont le partage te donnera une prise.

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