comment ça va avec Arbéost ?

8 juillet 2017 § Poster un commentaire

Souvent, toujours, encore on me demande

d’un air contrit, curieux, dubitatif

alors… comment ça va avec Arbéost ? Tu ne t’y ennuies pas ? C’est pas un peu la mort ? Ça doit changer de Paris ?

Voici ce que je ne réponds pas

Ailleurs comme ici, je peux y rencontrer la mort

Ailleurs comme ici, je peux y rencontrer la vie

y rencontrer la vie et y rencontrer l’ennui

et y rencontrer l’ennui et y rencontrer la joie

et la joie et la peine

et la peine et le sourire

et le sourire et l’infamie

et l’infamie et l’amour

et l’amour et la haine

la haine car l’impuissance

Ailleurs comme ici je peux y rencontrer la solitude

et le ras de bol de conversations closes

Ailleurs comme ici

la pluie et le soleil

et le nuage et le ciel bleu

et la connerie et le cœur bleu

et le général et le singulier

et l’habitude et l’émerveillement

et le tracas et le repos

et la foi et le doute

et le grand et le petit

et plein d’autres choses encore

Ici plus qu’ailleurs

le sombre et la lumière,

heures d’été, heures d’automne, heures d’hiver et de printemps

et la rage du changement bi-annuel des cadrans

qui n’ont rien à voir, rien à voir…

Ici plus qu’ailleurs

la neige silence et le cours d’eau bruyant

et la brume et la clairière

et la couverture de nuages au petit matin

et l’éclat des étoiles et le survol des satellites

et la lune et la lune et la lune

et la migration des oiseaux sur le sédentaire des hommes

près la migration lointaine d’autres humains

Ici rien qu’ici

je peux écouter le monde, regarder le monde, penser le monde

sans qu’il m’atteigne de son pouvoir dévitalisant

je peux agir le monde

car ici plus qu’ailleurs

je suis au monde

je suis au temps

Je suis poète, paysanne, jardinière, serveuse, peintre en bâtiment

je suis intello, fille, mère, enfance, cycliste, ZX

je suis béton, je suis chaux chanvre

je suis courbes et volumes, points, virgules, mots, phrases et histoires

je suis la parisienne, la bretonne, la solitaire et l’amoureuse

je suis ce que je ne soupçonne pas que les gens racontent

sous le couvert du vent

ici plus qu’ailleurs, je ne rentre pas dans la case

je suis l’étrangère dans un monde étranger affublé d’étiquettes péjoratives

et pourtant, et pourtant…

Ici comme ailleurs

la facilité et le complexe

le possible tu, par l’impossible

l’impossible tu, par la tentative

mais ici plus qu’ailleurs

je crois

je triche moins avec les éléments

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