troublant

16 juin 2016 § Poster un commentaire

# 1

elle marche vite et droit sur le trottoir. Ses bottes frappées de cavalière entraînent, mais le buste traîne et du visage se dégage une douleur mate. La bouche vaillante n’est pas en reste qui projette des mots en avant des talons. « Putain, j’en peux plus ! ». Les mots restent là tandis que la fille continue

# 2

la petite bonne femme en jupe bleu marine, chaussures d’enfant et queue de cheval poivre et sel, ne se décide pas encore… à passer parmi la flotte de tables rondes amarrées à la terrasse du café…. elle se micro-panique… bouchon timide flottant sur du goudron… où tout semble entremêlé d’instabilité… elle voit le comptoir, -lui apparaît comme un radeau ? … et elle attend autant qu’elle la craint… la vaguelette qui l’emportera de l’autre côté

# 3

il écrit des choses sur des serviettes en papier

qu’il ne rature jamais

il récrit

puis il déchire la précédente en peluches volatiles

et ainsi de suite de sa vie

il a écrit nèfle au bic bleu

ses textes finissent en boulette qu’ils protègent de la perte en les stockant sur le dos, ce qui fait que sa bosse n’en est pas une mais est une courbe de gausse pleine de boulettes de mots bleus

il craint l’oubli

l’oubli des mots

s’il devait chuter dans un trou de mémoire, il serait amorti par ses boulettes de mots stockées sur son dos

 

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