la mère

21 janvier 2016 § Poster un commentaire

  • monell- qui est là ?

  • La mère – c’est moi, je suis là

  • monell – maman ?

  • La mère – oui c’est moi je suis là. L’ami est sorti

(…)

  • La mère – j’ai apporté des crêpes

(…)

  • monell – tu es venue

  • La mère – en première classe tu le crois ! La deuxième était pleine tu te rends compte ! De toutes les manières c’est aussi cher en deuxième c’est cher partout de toutes les manières ! Dès que l’ami a appelé j’ai demandé à tes cousines de regarder sur internet et ce matin c’est Etienne qui m’a emmenée il a retiré le billet à la borne il a une carte bleue Dieu merci. Tu gagnes pas grand chose à voyager en première de quoi allonger les jambes un peu. Il faisait nuit dehors les vitres reflétaient je ne pouvais pas voir le paysage je me voyais moi tu parles ! et je voyais le monsieur devant et son écran de téléphone il défilait les noms avec le pouce comme ça. Ça m’a marqué parce que l’autre jour on a eu la visite d’Huguette tu sais la p’tite Huguette avec sa fille elle a pas trois ans la petite elle jouait avec le téléphone elle avait le même geste pareil comme ça moi ça me viendrait pas à l’idée de toucher avec les doigts. J’ai pas dormi dans le train ils laissent les néons tout le temps. Quand il a fait jour ont-ils éteint ? Non pense don ! Mais la lumière dehors est devenue plus forte. Mais toujours rien à faire il y avait une brume épaisse comme… comme… à couper au couteau on dirait chez nous. J’aurais bien aimé voir le paysage, tant qu’à faire. C’est quoi ce tas ?

  • monell – des répertoires

  • La mère – nous on regarde dans l’annuaire, ton tas là de carnets de répertoires répertoires on dit ? c’est drôle, maintenant que je le dis tout d’un coup ça sonne bizarre. Tu n’as pas de téléphone avec les noms dedans ? (…) tu as toujours été comme ça de toutes les manières à compliquer quand c’est simple. Tu demanderas à Etienne il sait mettre tous les noms dans le portable. Il a fait ça mais le problème c’est quand le téléphone tombe en panne parce qu’on perd tous les noms il a dit, et c’est logique, même si doit bien y avoir un moyen pour garder les noms. Je boirais bien un café avec les crêpes maintenant j’aime bien prendre un café à 10h. Il doit pas être 10h mais je me suis levée tôt à 4h30 pour prendre le train ça décale tout

(…)

  • monell – il y a que j’ai raconté des choses que je n’aurais pas du

  • la mère – oui, ça arrive. La langue va plus vite dès fois, c’est dire sans penser le dire, après on s’en mord, je comprends ça

(…)

  • La mère – c’est marrant de se voir à la flamme, nous les bougies c’était quand il y avait de l’orage parce que les orages, ça faisait sauter les plombs. Mais plus maintenant, je ne sais pas pourquoi

  • monell – je ne sais pas. Il y a des orages encore ?

  • La mère – oui

  • monell – avec beaucoup de lumière ?

  • La mère – ça oui

  • monell- mais plus de noir

  • La mère – ça non. Comment tu sais ça toi ? du noir noir c’est sûr y’en a plus. Le maire chez nous il veut pas, c’est Versailles chez nous. Le maire il a refait tous les trottoirs en creusant des gros trous pour planter les lampadaires. C’était pas pour les arbres je l’avais dit à Etienne il voulait pas me croire. Nous maintenant on ferme les volets parce qu’avec la lumière la nuit on voit les ombres et les ombres, ça fait peur. Et le bruit la nuit, on s’imagine le pire. Pourquoi quand on voit une bougie allumée on a envie de l’éteindre ?

  • monell – je n’entends pas les bruits de la nuit, car j’en suis un. Je ne sais pas comment dire autrement, le temps à part de la nuit. Un temps de beurre doux apaisant. C’est double, c’est trouble. C’est plus c’est moins. Ça s’en va ça revient, la nuit est un loup au loin. Elle nous voit venir. J’ai partagé un repas avec des inconnus dans le noir. Les mots avaient une saveur oubliée. Nous avions peur qu’ils se perdent, peut-être, sur le chemin. Qu’ils tombent sur la table, alors, nous leur prêtions notre souffle, jusqu’au bout

(…)

  • la mère – il faut bien le jour il faut bien la nuit

  • monell – le jour me fait peur. Nous aurions dû éteindre la lumière, avec Thomas

  • la mère – nous on l’écourte, on est couché qu’il est encore là ! On écoute encore un peu la télé, puis clap, on ferme tout. On ne rêve pas, on dort d’une traite, et c’est reparti le lendemain

  • Monell – on dit que tout le monde rêve.

  • la mère – où ça va tout ça ? C’est pas aux infos le matin c’est sûr

  • monell : c’est vrai, le journal de 8 heures n’en parle pas. Que fait-on de la nuit, le jour ? Les talons sur le bitume brisent les rêves nocturnes. Au petit-déjeuner, un œuf cassé

  • la mère – tu prends pas de crêpe ?

  • Monell – oui, si.. je croyais qu’on parlait d’autre chose

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