échappée

21 janvier 2016 § Poster un commentaire

I

tel quel

monell au centre d’un cercle de verdure. Le fleuve est tangent. Elle écoute l’écoulement. Entre ses cuisses en angle, la robe rouge s’incurve. monell ne porte pas de culotte. L’espace au delà du cercle est illimité. Une fille pénètre le cercle. Elle s’exhibe fortement par sa conversation téléphonique, son rapport à la laisse et par extension, au chien. Elle suce une glace à l’eau, conditionnée sous plastique. monell : Pouvez-vous téléphoner un peu plus loin, s’il vous plait. La fille : Je vous dérange ? monell : Oui. La fille : Changez de place si je vous dérange. Le fleuve n’est pas à vous. Il est à tout le monde !

monell note sur son carnet : Le fleuve n’est pas à vous, il est à tout le monde, dans ce cas, s’interroge-t-elle, je ne sais pas ce que je suis.

La fille poursuit la conversation téléphonique, râle au sujet d’une copine qui n’est pas là, tire sur la laisse du chien, insulte le chien, suce la glace. monell regarde comme si elle était au théâtre de verdure et la fille en représentation sur une scène. La fille poursuit, râle, tire, insulte, suce, ses gestes sont un peu moins assurés. monell sort un appareil photo en plus de son carnet. La fille : Tu fais quoi là ? Tu me prends ? Pour qui tu te prends ? La fille s’avance vers monell, arrache son appareil, le jette dans le fleuve.

monell range son carnet, mais surtout, serre les cuisses. Elle sent poindre un danger. Son regard va au fleuve. Son regard fuit à la surface.

L’amie de la fille arrive. La fille : Putain tu faisais quoi ? Il fait chaud putain. Tu faisais quoi ? Tu me refais jamais ça, putain, l’autre là, avec sa robe rouge de…, je téléphonais, elle me dit de me casser, culottée la meuf, comme si le fleuve était à elle. Putain culottée la meuf ! La fille refile la laisse à son amie et se tire.

L’amie reste, la laisse dans la main. Elle sort du cercle fait un pas dans l’illimité. monell la regarde, l’amie est gênée. Elle ose un : Si vous voulez du calme, faut aller à la campagne.

La fille revient. La fille : Viens on se tire. Ca pue ici. La fille et son amie partent, se tirent.

II

le rêve du tel quel

dans un parc, une fille, téléphone plaqué à l’oreille, a la haine. Son amie devrait être là. Son chien tenu en laisse s’excite dans l’herbe grasse, la tire vers le fleuve. Elle suce une glace à l’eau fluo en long bâton. Elle s’arrête brutalement près d’un arbre où quelqu’une est adossée et regarde le fleuve couler. Le fleuve pourrait s’appeler Amour même si la scène se joue à Saintes. La fille : Tire-toi ! Le fleuve n’est pas à toi. monell : Moi ? La fille : Ouais, toi avec la robe rouge. monell : vous dérange-t-elle ? La fille : Com-ment-elle-cause-l’autre ! Ouais, elle me dérange ! monell : Soit.

monell ôte la robe rouge gênante. monell est absolument nue. Le chien tire vers le corps nu. La fille perd le contrôle, lâche la laisse

La fille : Au pied ! Le chien revient penaud, il gémit aux pieds de la fille. La fille : T’es putain d’culottée toi ! monell : Vous ne pouvez pas dire ça. Le chien de nouveau s’approche. La fille le laisse. monell : La robe se débattait au vent sur un fil. Je l’ai détachée, je l’ai enfilée. Quel est le problème avec la robe rouge ? La fille : T’es trop conne ! Le chien aboie. monell : Je vous heurte avec la robe rouge ? Elle ne me va pas ? Elle est faute de goût ? Votre amie portait la même, la robe vous rappelle des souvenirs douloureux ? Vous avez la même et vous voulez être unique ? Le rouge vous agresse ? Je suis séduisante et vous êtes jalouse ? Je vous gêne, voulez-vous que je la remette ? Ça fait pute, putain, je ne sais pas et vous n’aimez pas les putputains ? Vous ne répondez pas. Je suis déduisante si vous ne dites rien. La fille : D’ou-c’est-qu’elle-vient- celle-là ! monell : Bonjour, je suis ravie de vous rencontrer. Ce serait trop long de vous dire d’où je viens. J’aime regarder couler le fleuve. Je crois que je pourrais vous aimer aussi mais n’aboyez pas. Lui, il ne peut pas faire autrement. Comment s’appelle-t-il ?

monell caresse le chien qui gémit. monell : Votre glace est entrain de fondre. La fille : Vous êtes nue bordel ! Le chien gémit. Comment s’appelle-t-il ? La fille : res nullius, autrement dit, la chose de personne, si tu vois ce que je veux dire.

Elles se regardent et regardent le fleuve couler. monell : C’est bon. Le fleuve est comme votre chien, il est à personne. Je vais me baigner. La fille : C’est ça, va te baigner, au point où tu en es. monell : Vous venez ? Tu viens ? La fille : C’est interdit ! monell : J’ai vu des soupçons j’ai vu des garçons dans l’eau. Ils plongeaient du pont. La fille : C’est interdit je te dis. monell : C’est dangereux ? La fille : Je sais pas moi ! monell : C’est pour les garçons ? La fille : Mais non, t’es vraiment trop conne quoi ! La fille se lèche les doigts, râle, elle ne parvient pas à s’arracher du plastique. monell : Je vous te vous laisse la robe rouge. Si tu ne l’aimes pas, tu l’attaches à un fil. Elle va bien au vent. monell entre nue dans l’eau et c’est bon. Au loin, ça siffle. une voix s’entend, celle d’un père.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Qu’est-ce que ceci ?

Vous lisez actuellement échappée à STYLOBATE.

Méta

%d blogueurs aiment cette page :