arrêt sur mensonge

21 janvier 2016 § Poster un commentaire

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ça aurait pu s’arrêter là. Thomas tourne les pages de sa vie, distribue les bons points, je regarde les images, sauf que. Sauf que le magazine est lisse et les images, obscènes. Et moi, monell qui me prend pour une sainte, je ne suis pas une sainte : je prétends déchirer l’hymen, voile de la pensée

la voix de thomas est, quand il parle de son « projet » de vie, sa voix est, comment dire, douce, lisse, polie, du marbre blanc finement veiné de rose au manteau d’une cheminée sans suie. Rien à dire. Nous sommes dans la cuisine. Y’aurait qu’à prendre cette lisse douceur comme une douce vapeur, mais thomas, vous dis-je, vient me visiter comme on visite contrit à l’hôpital, avec une boîte de pâtisserie. Il vient me voir dodu de sa famille, sa grande petite maison son immense jardin fleuri, son bonheur, sa réalisation, son idéal, son accomplissement, son but, sa fin. Voyez l’homme d’où il vient (bout de montagne) versus l’homme en représentation dans ma cuisine. Ajoutez à cela le costume porté pour l’occasion, et les chaussures noires pointues, armes par destination. Menton pointé supérieur, barbichette fine, thorax plastronné, il parle de sa soi-disant suffisance. Je te tiens, tu me tiens, lequel de nous deux mentira le dernier ?

Je surveille la cuisson, cependant que nous risquons le débordement, car thomas navigue en vent arrière. Blablablablablablabla, entendez comme ça tourne à vide à la surface, hamster dans sa roue, et comme ça bouche en dedans, moi je l’entends. Un silo en dedans, un jus inexprimé. Mais, promesse je me suis faite. J’ai juré sur la tête de ma mère. Je ne suis pas pure, je ne suis pas sainte, je suis comme thomas, son miroir, qui je suis pour dénoncer. Je prends un peu de recul, pas trop, pas trop proche, pas trop loin, je cherche la distance règlementaire, je ne vois pas, enfin, je ne veux pas voire qu’il ne laisse pas la place pour déplacer. De là où je suis, j’acquiesce et je souris, au hamster dans sa roue insatiable. Nous sommes dans la cuisine. Je surveille la cuisson, ça enquiquine, ça ennuie, je tourne les os à moelle et occupe la pensée à tout ce qu’il faudra faire après

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