pour elle pour lui

20 janvier 2016 § Poster un commentaire

pour elle, le cimetière est une parenthèse, presqu’un morceau de campagne dans des endroits construits. Et puis ce sont les oiseaux, les tourterelles, la mélodie rythmée du chant de la tourterelle et la batterie des graviers clairs

pour lui, ce sont des anecdotes, et donc, le mouvement, car à partir du moment où il y a des anecdotes, il y a du mouvement. Il est nouveau gardien d’un cimetière

pour lui, c’est la recherche du contraste. Immédiatement une image surgit

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photo : porteurdevent@gmail.com

pour elle, ce sont les épisodes de séries policières anglaises où l’on découvre des cimetières avec de la pelouse, des fleurs, des lieux où l’on a envie de s’attarder, qui servent de cadres à certaines scènes

pour lui, c’est se mettre dans l’état du boxeur qui monte sur le ring quand lui incombe la tâche de descendre un corps dans le caveau. La conscience de l’instant. La conscience aiguisée au plus fort de son intensité. Zéro soupçon. Il porte la responsabilité d’inscrire son geste dans un rituel qui prolonge

l’image qui lui surgit immédiatement, c’est un envers de décor

pour elle, c’est un marbre tellement ancien qu’il se feuillète, c’est ça oui, un tas de feuilles marbrées, un livre partiellement brûlé, comme une vie qui serait racontée mais qui serait un peu… oui, ce serait le roman d’une vie qui est entrain de disparaître une deuxième fois, on se laisse toucher… ce sont ces décorations complètement désuètes, des couronnes de fil de fer rouillé avec des perles roses, mauves, avec lesquelles des copines fabriquaient leurs bracelets quand les couronnes rouillées étaient mises au rebut

pour lui, c’est ne pas chercher à dialoguer avec les morts avec lesquels il n’y a pas de réciprocité possible, puisque les morts n’ont plus les mots. Il n’y a pas cheminement commun possible par la phrase augmentée. C’est laisser faire l’esprit. C’est ne pas programmer. L’esprit vient s’il veut venir. Il ne faut pas aller le chercher

regardée à l’envers, l’image surgie pourrait représenter un campement éphémère traversé par la lumière, non ? Une tente blanche arrondie, une rouge triangulaire, et une troisième tente-taie, plus petite, rouge et triangulaire aussi. Plus éphémère encore qu’un campement de vacances car les tentes sont funambules sur des fils. Le ciel est hors-champ. Bien plus haut que ces mots. L’herbe est verte. On voudrait y déposer son corps de tout son poids non ? ruminer grassement les flancs sur l’herbe. Changer de côté en une bouffée d’euphorie. Assumer un signe extérieur d’abandon

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moc.liamg@tnevedruetrop : otohp

pour elle, c’est un questionnement sur l’avenir des cimetières à l’heure où l’on ne peut plus s’autoriser les produits phyto-sanitaires puissants qui laissent des traces longtemps. Elle est référente parc et jardin de la ville. Le cimetière on l’oublie, est un morceau de terre avec des endroits ou l’eau affleure, d’autres endroits très secs. L’espace entre les tombes s’appréhende comme un jardin vivace

pour lui encore, tu es seul quand tu vas dans le profond. Peu de gens approfondissent par manque de temps. Mais tous les 15 ans, ça change. Quinze ans, c’est le temps de la plus courte concession, ou bien… il faut se renseigner en mairie. La concession la plus courte est presque le moins couteux. Les cendres dispersées dans le jardin des souvenirs, entre les deux arbres, c’est le moins couteux aujourd’hui

à l’endroit à l’envers, l’image surgie à propos du cimetière, est une suspension dans la lumière, non ?

 

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