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6 décembre 2015 § Poster un commentaire

Mesdames messieurs les politiciens, mesdames et messieurs les financiers,

Merci.

Par vos choix, vous contraignez une bonne partie des hommes et des femmes placés sous votre gouvernance à s’éloigner d’un système que vous tentez de maintenir coûte que coûte. Par les contraintes intenables que vous imposez, économiquement, éthiquement, spirituellement, vous les condamnez à inventer d’autres manières d’être au monde. Ce n’est pas facile, car la plupart des habitants de la terre que vous gouvernez ont été formatés par un système d’éducation créé pour répondre aux besoins du monde industriel initié au XIXième. Il repose sur les valeurs de la performance, concurrence, productivité. Il nous faut donc, hommes et femmes que nous sommes, parvenir à lâcher ce qui nous avait été inculqué comme des valeurs nobles pour d’autres valeurs décriées dans notre enfance : lenteur, jeux, contemplation, création, auto-gestion, solidarité. Et surtout, il nous faut voir notre prochain comme un atout, détenteur d’une expérience riche d’enseignement, et non comme un concurrent.

Ce n’est pas facile, et c’est douloureux. Vous pouvez imaginer les tiraillements vécus par les uns et les autres. Il faut beaucoup de temps pour s’apercevoir que ce chemin est libérateur. Qu’il ne mérite aucune honte. Qu’il n’est synonyme d’aucun échec. Certains ont le temps de s’accorder ce temps, et s’accordent avec leur nouvelle obligation libératrice. D’autres hélas, ne l’ont pas. De plus, ils ont perdu en route la souplesse du penser. Ils ne parviennent plus à imaginer un autre monde que celui dans lequel ils perdent leur forces vitales, jour après jour. Soit dans le silence de résignation, soit dans la colère destructive, soit dans la maladie, soit dans la haine, soit dans le suicide. Soit, en s’accrochant encore plus au monde que vous préconisez en fermant les yeux sur les dégâts collatéraux. Il me semble que ces derniers vous prennent pour modèles.

Mesdames et messieurs les politiciens, mesdames et messieurs les financiers, que celles et ceux d’entre vous qui sont atteints de l’impossibilité de sortir des concepts sur la base desquels ils ont été formés dans les grandes écoles osent les abandonner. Vous n’êtes pas dupes. Vous constatez comme tout le monde, les dégâts qu’ils créent dans l’humanité. Vous en êtes également les victimes. N’ayez pas honte ! Vous êtes vous aussi formatés. S’il y a un point sur lequel vous n’êtes pas différents de ceux que vous gouvernez, c’est à cet endroit. De là où nous sommes, il nous faut beaucoup d’énergie pour parvenir à créer des micro-territoires de survies. De là où vous êtes, il vous suffirait de penser le monde autrement, nous, nous sommes prêts. Si vous ne souhaitez pas mettre les mains dans le cambouis, nous nous passerons de vous. Mais sans vous qui refusez à ce jour de nous donner votre assentiment, nous ne pourrons qu’effleurer notre potentiel imaginaire. L’horizon d’un savoir vivre « avec » restera un horizon.

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