toussaint d’écriture #1:je viens je vis je vois je vais

1 décembre 2015 § Poster un commentaire

texte collectif-nov 2016

Je viens d’un autre village, est-il différent ?
Je viens d’un ruisseau tortueux et peu profond
Je viens des roches sombres, des crêtes gelées, des vents tourbillonnants
Je viens de la lune si j’en crois ceux qui me disent rêveuse
Je viens des nuages si j’en crois ceux que je n’écoute pas
Je viens d’une poussière d’étoile si j’en crois l’astrophysique
Je viens d’ailleurs mais d’où?


Je viens d’une épicerie où ma mère et mon père accueillent les clients avec chaleur et bonne humeur, où les bonbons qui trônent sur l’étagère m’appellent à chacun de mes passages, où la toilette se fait à l’évier de la cuisine dans l’arrière boutique.
Je viens d’un passé où je n’ai pas envie de retourner
d’ailleurs
je viens de m’enraciner sur cette terre de montagne

Je vis de pommes volées, de champignons trouvés, d’herbes séchées
Je sens la pluie sur mon visage
Je sens le vent dans mes cheveux
Je sens l’air doux que je respire
Je vis de vies, les miennes et les vôtres, celles qui nourrissent la terre, celles entrain de germer
Je vis une vie réinventée, enrichie de rencontres autour d’un verre de Jurançon fruité s’il vous plait!
Je vis de peu mais je vis bien
Je vis de calme et de sérénité
Je vis, je vis, je vis encore et encore

Je vois que la nuit je vois le jour
Je vois que les clôtures sont aussi faites pour être démontées
Je vois que comme hier, demain ne m’intéresse pas
Je vois qu’ici on se souvient du chemin qui mène à aimer la montagne
Je vois la joie
Je vois la détresse
Je vois l’amour
Je vois la haine
Je vois que les pigeons ont déserté le pigeonnier
et la maison?
je vois la fumée qui s’échappe de la cheminée
Je vois que dans ce monde qui s’agite, je cherche un refuge où m’abriter
même les insectes ont leur petit coin de paradis
Je vois que nous avons d’autres voies à explorer

Une voix qui raisonne, lointaine, dans les broussailles de ma tête
Une voix qui m’enseigne la patience du temps, l’immensité
Une voix qui… comme une intuition… l’appel de la foret
une voix me dit que nous nous rencontrerons encore
Une voix qui me murmure femmes aux grands yeux, femmes aux grands cœurs
Une voix qui m’appelle et me dit que tout est possible
Une voix qui crie, c’est nous nous voici

Je vais au bout du monde qui n’existe pas
Je vais où le vent m’emportera et me déposera
Je vais avec les grands oiseaux dans le ciel d’azur
Je regarderai les oiseaux par la queue, les Gabizos par le calcaire, le granit par sa mousse
Je regarderai la mer comme de potentielles montagnes, les montagnes comme des baleines.
Je vais dans l’univers sur un petit bout de planète
Je vais dans tous les sens et je manque de sens
Je vais je viens je tourne en rond comme la terre
je vais partir un jour sans avoir rien compris
je vais, plus éveillée que la veille

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