Il n’y a pas de café, alors c’est le cimetière

21 novembre 2015 § Poster un commentaire

pas à pas

graviers sous les pas

proche le marbre noir

proches les croix

ici on s’entend venir

d’abord la grille

puis les trois marches amorçantes

puis les pas vers la tombe

recueillement devant le livre funéraire

La mort n’est rien,
je suis simplement passé
dans la pièce à côté

tendres mots d’or, fleuri montant d’argent

pas à pas, vous fleurez la marge

vous voilà à la fosse du village

le bras droit de l’église.

Ici se reflète la grinçante certitude de mourir.

{Mais il y a du mou, mais il y a de la chair, mais il y a de la vie, y’a qu’à voir la semaine qui précède la fête des morts, ça vient de près, ça vient de loin, ça vient des villes, Lourdes, Asson, Argelès, Argentine, ça vient des quartiers juchés entre le village et le col du Soulor, entre le village et la plaine, ça déboule d’en bas d’en haut de gauche de droite, ça se retrouve, s’empoigne, ça cause, ça rit, ça prend des nouvelles, ça désherbe, ça fleurit, Albert a sa tombe fleuri, mais pas la Rosalie, ici le reflet de la femme sans descendance, ça s’assoit sur les tombes, une vieille paire de fesses rondes heureuse de siéger parmi les vivants et les morts ensembles. Ça n’entend pas la cloche, les coups des heures, des demi-heures, les 20 coups de midi. Ça regarde l’enfant qui bon dieu qu’il a grandi, ça tait les rides, les rhumatismes, ça rumine le plaisir d’être ici en famille. La place est nette balayée par Francis, pas d’encombrants sur la place, pas de voiture sans vie, pas même la fiente pas même la bouse, pas même la merde, les fleurs sont jaunes chrysanthème et sentent bon le parfum citadin-rural. Il manque un café dans le village alors c’est au cimetière que l’on se découvre. }

Ça crépuscule… ça pose les bougies sur les tombes amies

Pas à pas

la grille

se ferme, la clanche tombe

fermées les accolades

La mort n’est rien,
je suis moi vous êtes vous

adiù et à l’année prochaine

je suis moi vous êtes vous

adiù

grâce soient vos flammes éternelles lucioles de deux nuits

puis, viendra la pluie, la grêle, la neige

et le vent du nord

qui traversent les grilles

(texte écrit en atelier d’écriture, animé par Juliette Mezenc, à Argelès Gazost

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