déchronologique # 6.1

9 mars 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : celle dont il est question ici vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village dont elle est tombée amoureuse : la Tombe. un frisson dans un buisson au milieu d’une battue (voir déchronologique # 4). la narratrice se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle ne cesse de fuir. quelle est la force magnétique ? est-elle libre ? sommes-nous libres ?

tout est-écrit d’avance, ça lui colle à la peau comme le cuissard à bretelles de zaaf and autres coureurs cyclistes. en juillet, zaaf chute dans la pente ascendante du tour de france. le soleil est au zénith. il tombe, dévale, s’évanouit tête contre l’écorce d’un merisier. l’ombre… quelle ombre ? pas d’ombre. des oiseaux en couronne au dessus de sa tête, tournent. on l’hydrate de ce qu’on boit quand on est sur le bord, de la bière tiède. zaaf est réveillé par le « …» de la roue qui tourne dans le vide (remplacer «…», par l’onomatopée appropriée). il reprend la course, mais. il reprend la course mais oui, incroyable, on n’en revient pas, il reprend en sens contraire, vers le bas, la déchéance, le contre-courant, le sans maillot, le torse nu, le plongeon dans le ruisseau frais et pur au fond de la vallée, vers. vers, mais oui, vers l’origine… on n’en revient pas.

en août, celle dont il est question dit avoir écrasé un cycliste qui montait au col. il zigzaguait en plein milieu de la route. non, deux cyclistes. elle a écrasé deux cyclistes, parce qu’en se rabattant, y’en avait un autre. en fait, c’était un troupeau de cyclistes. en fait, il y avait des cyclistes tout le long de la route du col, en troupeau ou dispersés, alors elle les a soit écrasés, soit culbutés dans le ravin, parce qu’à la mi-aout, sainte marie mère de dieu, c’est plus du tout l’époque de la transhumance. les troupeaux montent au plus tard en juin, il faut respecter le temps des transhumances. elle a été cool, parce que elle a prévenu les femmes des coureurs cyclistes de ne plus attendre leurs hommes là-haut. pendant que les époux épousent la pédale, les femmes parmi les femmes flirtent avec le temps, grâce à ELLES.

les enfants : elles ont trouvé le truc. elles ont installé une roue à hamster géante au sommet. les enfants pédalent comme leurs papas en sue sur la route du col. c’est bénéfice intégral: 0) identification au père 1) les enfants restent sur un rayon de 1 à 2 mètres (carré) 2) ils se dépensent et éliminent la graisse des cochonneries sucrées salées achetées au super-marché en paquet familial 3) ils travaillent à leur psycho-motricité. 4) ils fournissent de l’énergie, utilisée pour chauffer le petit lait de brebis, matière première et dernière, matière unique du greuil que l’on pourrait sans vergogne nommer le GRAAL 5) impact sur les mamans qui se libèrent de l’espace mental pour penser autre chose que la logistique inhérente à l’accompagnement d’enfants vers la vie adulte : le manger, le jouer, le dormir, le aimer, le jouer, le vêtir, le chausser, le stimuler, le jouer, le sécurité, etc…

notre « héroïne » (à ne pas dissocier d’anti-héroïne) a engueulé le tour operator. elle lui a dit que pour cette fois, elle ne portait pas plainte, mais qu’à l’avenir, il devra mieux se renseigner avant de faire payer des mille et des cent pour un tour inopérator. « je me suis sentie en danger avec les cyclistes en troupeau et dispersés. ce n’était pas une partie de plaisir, monsieur ! » il s’est excusé. il lui a demandé conseil. elle lui a dit qu’elle allait réfléchir. elle a réfléchi.  » je me demande si le vélo ne gagne pas à être monté en solo et pour la période, voyons… pourquoi pas essayer en janvier, si besoin avec des pneus cloutés. »

l’été d’avant, les habitants de la Tombe ont « kidnappé » les cyclistes du tour de France dans le virage. ils ne les lâcheraient pas tant qu’ils n’auraient pas obtenu l’installation du réseau câblé pour suivre les rois de la petites reines en aval et en amont du village. « ON NE VOUS LÂCHERA PAS TANT QU’ON N’AURA PAS LA TÉLÉ ».

et l’hiver d’après, mais ça il faut le garder pour soi, il a été décidé (qui ?) de fermer l’accès à un circuit de randonnée pour que les chasseurs puissent chasser « paisiblement », alors les randonneurs ont kidnappé les chasseurs mais ils ont laissé partir ceux qui acceptaient de laisser leurs fusils, ça veut dire de chasser sans, ça veut dire, randonner. avec leur chien.

ça c’est de l’écrit, c’est pas la vie, ni l’avis de la majorité. Quant aux randonneurs, ils passent ne font que passer. Ils font des tours.

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