déchronologique # 0.1

4 mars 2015 § Poster un commentaire

elle vient d’une famille de chasseurs. les hommes partaient à l’aube avec leurs chiens. les chiens étaient fous. sa mère et elle dormaient. son père préparait le casse croute, rillettes, pain, saucisson, chocolat et la bouteille de rouge évidemment. chacun amenait sa pitance. ils passaient la journée. la journée elles passaient. les hommes revenaient couverts de sang. les oiseaux, le butin à leurs pieds, des lièvres, des perdrix et quelque fois un chevreuil et là c’était l’euphorie. ils tenaient la tête relevée dans leurs doigts. le chevreuil les yeux morts faisait semblant de regarder celui qui prenait la photo. les hommes heureux le sang et le fusil encore positionné sur l’épaule, la botte avancée dans l’herbe mouillée, les hommes riaient et elles accouraient sortant les verres d’apéritif, les petits gâteaux, les chips en disant quelle horreur, quelle horreur. tout au fond d’elle, elle avait envie de s’enfuir. il lui avait été proposé de les accompagner, elle refusait. la seule fois où ses pas ont glissé dans ceux des chasseurs c’était dans un désir non dissimulé de faire du bruit pour faire s’envoler les bêtes sauvages. on dit qu’il y a deux sortes de chasses. ce n’est pas pareil de chasser le canard que le sanglier, on dit…

quand elle était petite, elle imaginait que sa famille était une famille d’assassins. à quoi bon s’habiller, se faire belle quand on a les mains de ses ancêtres trempées d’hémoglobine?

elle passait des années, des années elle passait.

elle est excentrique dans sa manière de s’habiller, un inclassable entre l’osé branché heureux, le jean camouflage et le charmant désuet d’une autre époque. elle porte des longs gants couvre bars de velours bleus.

le récit commence deux jours après le coup de foudre pour un village de chasseur. ce qui fait : « je viens d’un village de chasseurs, je vais dans un village de chasseurs du nom de la tombe. un nom de frisson dans un buisson au milieu d’une battue. à quoi bon se faire rebelle quand on s’amourache d’hommes aux mains trempées du sang du sauvage ? »

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