déchronologique # 6

2 mars 2015 § Poster un commentaire

rappel des épisodes précédents : la narratrice vient d’une famille de chasseur va dans une famille de chasseur. le village du chasseur dont elle est tombée amoureuse : la Tombe, est comme un frisson dans un buisson au milieu d’une battue. la narratrice se demande si elle ne se condamne pas à intégrer une société anthropologiquement semblable à celle qu’elle a fuie. quelles en sont les caractéristiques ? pourquoi l’a-t-elle fuie ? quelle est cette force magnétique ?

tout est-écrit d’avance, ça lui colle à la peau comme le cuissard à bretelles de zaaf and co. en juillet, zaaf coureur cycliste chute dans la pente ascendante du tour de france, le soleil est au zénith. il tombe dévale s’évanouit tête contre l’écorce d’un merisier. l’ombre… quelle ombre ? pas d’ombre. des oiseaux en couronne au dessus de sa tête, tournent. on l’hydrate de ce qu’on boit quand on est sur le bord, de la bière tiède. zaaf est réveillé par le « …» de la roue qui tourne dans le vide (remplacer «…», par l’onomatopée appropriée). il reprend la course, mais. il reprend la course mais oui, incroyable, on n’en revient pas, il reprend en sens contraire, vers le bas, la déchéance, le contre-courant, le sans maillot, le torse nu, le plongeon dans le ruisseau frais et pur au fond de la vallée, vers. vers, mais oui, vers l’origine…

en août, elle a écrasé un cycliste qui montait au col. il zigzaguait en plein milieu de la route. non, deux cyclistes. elle a écrasé deux cyclistes, parce qu’en se rabattant, y’en avait un autre. en fait, c’était un troupeau de cyclistes. en fait, il y avait des cyclistes tout le long de la route du col, en troupeau ou dispersés, alors elle les a soit écrasés, soit culbutés dans le ravin, parce qu’à la mi-aout, sainte marie mère de dieu, c’est plus du tout l’époque de la transhumance. les troupeaux montent au plus tard en juin, il faut respecter le temps des transhumances. elle a été cool, parce que elle a prévenu les femmes des coureurs cyclistes de ne plus attendre leurs hommes là-haut. pendant que les époux épousent la pédale, les femmes parmi les femmes flirtent avec le temps, grâce à ELLES qui ont trouvé le truc pour les enfants à charge.

les enfants : elles ont installé une roue à hamster géante au sommet. les enfants pédalent comme leurs papas qui en chient sur la route du col. c’est bénéfice intégral: 0) identification au père 1) ils restent sur un rayon de 1 à 2 mètres 2) ils se dépensent et éliminent la graisse des cochonneries achetées au super-marché en paquet familial 3) ils travaillent à leur psycho-motricité. 4) ils fournissent de l’énergie, utilisée pour chauffer le petit lait de brebis, matière première et dernière, matière unique du greuil que l’on pourrait sans vergogne nommer le GRAAL 5) impact sur les mamans, pas besoin de faire un dessin.

elle a engueulé le tour operator. elle lui a dit que pour cette fois, elle ne portait pas plainte, mais qu’à l’avenir, il devra mieux se renseigner avant de faire payer des mille et des cent pour un tour inopérator. « je me suis sentie en danger avec les cyclistes en troupeau et dispersés. ce n’était pas une partie de plaisir, monsieur ! » il s’est excusé. il lui a demandé conseil, elle lui a dit qu’elle allait réfléchir. elle a réfléchi. « outre la période, je me demande si le vélo ne gagne pas à être monté en solo et pourquoi pas essayer en janvier, si besoin avec des pneus cloutés. »

l’été d’avant, les habitants de la Tombe ont kidnappé les cyclistes du tour (le grand le vrai, l’unique). ils ne les lâcheraient pas tant qu’ils n’auraient pas obtenu l’installation du réseau câblé au village pour suivre le tour une fois qu’il serait passé. « ON NE VOUS LÂCHERA PAS TANT QU’ON N’AURA PAS LA TÉLÉ ».

et l’hiver d’après, mais ça il faut le garder pour soi, il a été décidé (qui ?) de fermer l’accès à un circuit de randonnée pour que les chasseurs puissent chasser « paisiblement », alors les randonneurs ont kidnappé les chasseurs mais ils ont laissé partir ceux qui acceptaient de laisser leurs fusils, ça veut dire de chasser sans, ça veut dire, randonner. avec leur chien. ça c’est de l’écrit, c’est pas la vie, ni l’avis de la majorité. Quant aux randonneurs, ils passent ne font que passer. Ils font des tours.

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